Y a des jours, comme ça ... vaudrait mieux pas se lever !
Vendredi, c'était comme ça.
Ma grand-mère a toujours dit que le vendredi porte malheur, et les vendredis 13 !!! je vous dis pas : elle ne sortait pas de chez elle.
Vendredi, c' était le 20 - le Destin avait dû se tromper d'une semaine ... - j'aurais mieux fait de ne pas sortir de chez moi.
Déjà, à 11 heures je venais d'apprendre que la collègue qui remplacera Gérald n'est pas intéressée par le théâtre, ce qui est son droit le plus strict, mais qui implique que je poursuivrai seule
l'option.
Je m'y attendais.
Je m'y étais préparée "psychologiquement ", mais quand-même : la perspective d' assumer seule, de prendre les deux groupes, d'enseigner 6 heures de théâtre par semaine, de prévoir,
gérer et assurer les sorties, les intervenants, le bac, les spectacles et tout et tout toute seule ...
Et je porterai l'entière responsabilité des réussites comme des échecs.
Bon.
J' ai toujours fait face, non ?
Mais le Grand Barbu trouvait sans doute qu'il ne m'avait pas suffisamment chargée : à 12 heures, d'autres gros soucis et énormes responsabilités me tombaient dessus .
A 13 heures, pour me distraire, sans doute, le Grand Barbu m'envoya , par l'intermédiaire de ma voisine, un peu affolée , un chaton d'un mois pas sevré que des vilains garçons avaient balancé par
dessus le mur dans un jardin voisin , et qui braillait si fort que ma voisine débarqua à la maison parce que "c'est pas supportable de l'entendre miauler comme ça, c'est pas humain."
C'est là que, pour la troisième fois de la journée, je commis l'erreur fatale : sortir de chez moi.
Effectivement, ça miaulait-hurlait fort, dans "la ruelle au Loup " ( ainsi nommée parce que, lorsque les enfants étaient petits, nous leur faisions croire que la maison du Grand Méchant Loup s'y
trouvait, afin qu'ils ne s'éloignent pas de mon champ de vision et périmètre de surveillance, donc de sûreté : la place. ).
Me voilà pénétrant dans le petit jardin, y récoltant le chaton hurleur .
Il ne lape pas.
Me voici chez le vétérinaire, déterminée : "Il ne lape pas, il faut l'euthanasier".
Mais le chaton ouvre les yeux, grimpe partout, a la vie chevilée au corps.
Encore un qui ne veut pas mourir.
Et surtout pas en silence.
Et mon vétérinaire est malheureusement honnête.
" Désolée, madame Charbonnier, je ne tue pas les chatons viables qui ouvrent les yeux et courent partout , vous en avez élevé d'autres, au biberon, n'est-ce pas ?"
C'est un homme bon : il me fait cadeau de la boite de lait maternisé, du biberon et des toutes petites croquettes pour chatons prématurés ...
Et voilà comment je me retrouve, une nouvelle fois, mère de substitution d'un bébé qui a décidé de survivre et de brailler...
Biberon à peu près toutes les 5 heures ...
Nuit et jour...
Je sens que je vais encore dormir toute seule ...
( enfin, avec le chaton ...)
parce que Jean-Pierre, lui, il veut dormir tranquille ...
au rez-de-chausée ...
moi au deuxième...
Le Bon Dieu, dans son infinie sagesse, nous accorda de choisir une grande maison
à étages
pour que certains puissent dormir
quand les autres assument parce qu'elle sont assez CONNES pour ne même pas être capable d'euthanasier un chaton ...
( oui, je sais, j'ai écrit un gros mot, en toutes lettres , et en grosses lettres, sur mon blog,c'est la première fois de ma vie ... mais y a des jours , comme ça ... )
Jean-Pierre ne veut pas d'un quatrième chat, et moi non plus !!! j'ai bien dit au Grand Barbu : 3 ça suffit !
"Pourquoi encore moi, Seigneur, Vous ne pourriez pas faire balancer les chatons dans les jardins à l'autre bout de la ville, de temps en temps ???"
Là, j'étais en colère.
Je Lui en voulais ;
"Vous ne trouvez pas que j'ai eu ma dose pour aujourd'hui ?"
Les responsabilités à assumer : ras-le -bol ! j'implose ! j'explose !
Il m'a répondu tout bas : "Justement, ce chaton, il te changera les idées ."
Donc, je lance un appel solennel sur ce blog : ADORABLE CHATON A DONNER DANS 15 JOURS, quand il sera sevré et éduqué ! ...
A partir de demain, je vais vous en coller des photos , tous les jours, sur le blog ! et en mettre dans tous les lieux en vue de la ville, et je m'en vais vous le caser, moi, le chaton !
Y a intérêt, sinon, le Grand Barbu, Il va m'entendre !
Vous verriez la tête de Napo, Léa et Grisette ! ...
Ils ont peur du chaton.
Ils ont tort : il est très mignon, ce chaton !
Un amour , en fait .
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