Une remarque d'une collègue-amie : "Mais il y a des élèves qui viennent sur ton blog !" ,
une question d'Annabelle : "C'est quoi l'édition de l'oeuvre Les Liaisons dangereuses ? " m'amènent à réfléchir et à effectuer une petite mise au point sur le thème cher à Mireille
Dumas, "Vie privée vie publique".
Oui, un blog, c'est public, tout le monde peut y accéder, et le mien est également "privé" puisque j'y confie des anecdotes, récits, réflexions sur des aspects très personnels .
Oui, je suis prof et j'habite et travaille à Saint Amand depuis 1984 - soit 24 ans -.
Choix dûment voulu et assumé : j'avais, dans mes critères, le refus catégorique de perdre du temps dans les transports, après plus de 20 ans de vie parisienne et/ou urbaine passés en métro,
autobus, voiture etc ...
Donc je vis et travaille au milieu d'élèves, parents d'élèves, familles d'élèves .
Nombreux sont ceux qui me tutoient, parce que je les ai vu naître, parce que j'ai fréquenté leur maison - ou eux la mienne.
Nombreux sont ceux qui m'ont vue en maillot de bain parce que l'été, je fréquente la piscine ou les divers plans d'eau des environs.
Nombreux sont ceux qui m'ont vue "en petite tenue" parce que j' ai pratiqué avec eux - elles surtout ! - la danse, le chant ou les claquettes et que , ma foi, dans les vestiaires ... ou lors de
spectacles, lorqu'on a 30 secondes pour changer de costume, on le fait juste derrière les pendrillons.
Nombreux sont ceux qui m'ont vue à l'église parce que je la fréquentais, ce qui ne m'empêche pas d'observer la plus honnête laïcité en cours.
Nombreux sont ceux qui m'ont vu pleurer car nous étions aux mêmes enterrements, ou trop boire ou trop danser parce que nous étions aux mêmes mariages.
Tous connaissent plus ou moins mes opinions politiques parce que mon mari a été candidat et/ou élu régulièrement depuis plus de 15 ans, et sa photo s'est affichée (trop) souvent sur les panneaux
de toute la ville voire de tout le canton.
Beaucoup ont été scolarisés avec mes enfants .
Et j'en passe...
Donc, ma vie est en partie publique , oh, je n'en suis pas à Lady Diana ou à Carla Sarkozy, mais, à notre toute petite échelle , j'en ai parfois joué, parfois souffert , en miniature.
En règle générale, je dois admettre que les élèves, parents, familles etc ...observent une apparente discrétion et qu'on ne dépasse que très exceptionnellement les bornes.
Et je dois dire que je tiens , sûrement de mon père, une capacité glaciale et méprisante à renvoyer violemment quiconque m'approcherait de trop près, au delà des limites que
j'ai fixées moi-même unilatéralement . Je crois l'avoir déjà dit : je ne supporte pas qu'on me touche.
Quand je sors dans la rue, quand je vais au supermarché, dans une salle d'attente de médecin, de dentiste ou de kiné, au cinéma, au spectacle, au feu d'artifice ou à la fête de la musique,
au restaurant , aux foires d'Orval ou au jardin, je rencontre des élèves et des familles d'élèves.
Très souvent, on m'aborde pour me poser des questions ou m'interpeller sur les questions professionnelles les plus diverses :
" C'est quoi, le programme, l'an prochain ?"
"Est-ce que c'est vous qui aurez ma fille ?"
"Est-ce que vous savez si elle aura monsieur X en maths ? "
"Qui est-ce qui va remplacer monsieur Y ? "
"C'est-y ben vrai que madame Z, elle ... attend un bébé, ... est malade,... est enceinte, ... va être absente ... ?
" Y paraît que monsieur A ... part en retraite ... a demandé sa mutation ... s'en va ..."
A ces questions, je réponds toujours, lorsque je le peux, avec prudence, évidemment !
J'entends aussi tout ce qui se dit à voix basse :
" Et ben, ils ont madame B ... y vont encore rien f..... ! "
" Avec madame C , si vous saviez le b ..... !"
"Ah ! madame D , je suis trop contente qu'elle ait mon fils en .... au moins, avec elle, il va bosser !"
Par contre, de moi, on ne me dit pas grand-chose, mais je ne doute pas que, derrière mon dos, lorsque le même parent rencontre un ou une autre collègue qui habite également ici, je dois en
prendre pour mon grade .
Face à ces remarques, je me sens parfois gênée, parfois, je ne peux pas m'empêcher de rire, parce que j'ai un joyeux caractère trop moqueur, mais toujours, j'essaie ou de rester évasive, ou de
démentir formellement , ou d'atténuer si la remarque est trop rude . Hélas, ceux qui me connaissent démèlent aisément ce que je pense en fonction du degré de mon démenti formel, sourire ou
silence.
Mais tout cela reste oral, et, comme on dit : "Verba volant".
Le blog, c'est écrit, et, comme on dit : "Scriptus est".
Alors , que faire ?
Et bien je me comporte et je continuerai à me comporter sur le blog comme dans ma vie, à tort ou à raison : faire ce que j'ai à faire, dire ce que j'ai à dire, le plus naturellement du monde, en
essayant de ne causer de mal à personne, en répondant honnêtement aux questions ou aux inquiétudes, sans ostentation et sans raser les murs, avec humour et dérision, avec sérieux et délicatesse,
autant que possible.
Parce que, faut pas rêver : ce que je dis tout haut, tout le monde le dit déjà tout bas ...
Donc, avis aux futurs Terminales L qui s'égareraient sur ce blog :
1. Pour Roméo et Juliette, l'édition est GF- Flammarion n°669 , en bilingue.
2. Pour les Pensées, il s'agit du Folio n°4054.
3. Pour Les Liaisons dangereuses , l' édition est Folio plus classique
4. Pour Le Guépard, c'est le Point ( P.260.)
Et nous les étudierons dans cet ordre là, qui est l'ordre chronologique, ça vous évitera - peut-être - de situer Shakespeare au XXème siècle et Pascal au XIX ème ! ...
Tout est bon pour donner des repères .
Cette réponse, je la fais déjà dans la rue, au supermarché ou ailleurs, à ceux qui me posent la question, alors ... !
A bientôt !
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