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Filikus

Fjord

Laitage fondant
Cette baie du littoral
Où le soleil luit.

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Texte libre

C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.

Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.

Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.

Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.

De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.

Lundi 30 avril 2007

Eh bien, c 'est gagné : je n' ai plus mal.

Grâce aux bons soins de la rhumatologue, du kiné, et grâce à l' inventeur du Cortancyl, je n' ai plus mal.

Je cherche ma douleur et ne la trouve plus.

Je cherche bien .... un peu, là ? - Non . Et mes doigts ? - Ils bougent, ils s 'écartent... Et la nuit ? -  Je dors et me tourne ...  Et les mouvements ?  - Ils sont encore un peu sous surveillance - par habitude - mais je sens bien que je pourrais bouger librement, seulement, je n' ose pas . J' ai perdu l' habitude... 

Au secours ! ma douleur , où es-tu ? - Silence ....

Moi qui me suis si souvent récité Baudelaire , vais-je devoir l 'oublier ?

Recueillement

Sois sage , ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :

Une atmosphère obscure enveloppe la ville,

Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

 

Pendant que des mortels la multitude vile,

Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,

Va cueillir des remords dans la fête servile,

Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

 

Loin d' eux. Vois se pencher les défuntes Années ,

Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;

Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

 

Le Soleil moribond s 'endormir sous une arche,

Et, comme un long linceul traînant à l ' Orient,

Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

par Françoise publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Mardi 6 mars 2007

Et me revoilà  !

Je suis rentrée de Paris hier soir, très très contente de mon séjour à la capitale parce que j' ai réussi à faire tout ce que j' avais programmé.

Samedi, nous avons visité le musée Picasso ( je dis " nous" parce que j' avais emmené un élève de Première L qui fait un T.P.E. ( Travail Personnel Encadré - pour les non-enseignants - ) sur Picasso. Nous étions enchantés. Ensuite, nous avons fait un petit tour dans le quartier juif et achété des bagels rue des Rosiers .   C ' était super ! Nous avons beaucoup marché, aperçu Notre-Dame, la Tour Eiffel et l' Hôtel de Ville. La Tour Saint Jacques était en travaux, ce qui ne m' a pas empêché de penser à Breton.

Parce que,  faut que je vous dise, pour moi, Paris est peuplé d ' écrivains que je me récite en marchant .  Dès la descente du train, je m' exclame, comme Rastignac ( dans Balzac ) : " A nous deux, Paris ! ". Je pense à Madame de Sévigné à l' hôtel de Salé, et comme c 'est le musée Picasso, j' invoque les mannes des Surréalites ; dans le quartier juif, bien sûr, j' écoute Cohen  dans ma tête (  pas Léonard ! Albert ! ) . Au pied de la tour Saint Jacques,  je me récite André  Breton : " A Paris la tour Saint Jacques chancelante  Pareille à un tournesol...)  , au Louvre, je relis mentalement le Da Vinci Code ; à Notre-Dame ...je vous laisse deviner... ; je me promène avec Proust aux Tuileries et au rond point des Champs Elysées, ; et lorsque je reprends le train, je repars avec André Breton  :

Tournesol

La voyageuse qui traversa les Halles à la tombée de l' été

Marchait sur la pointe des pieds

Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux

Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels

Que seule a respirés  la marraine de Dieu

Les torpeurs se déployaient comme la buée

Au Chien qui fume

Où venaient d 'entrer le pour et le contre

La jeune femme ne pouvait être vue d ' eux que mal et de biais

Avais-je affaire à l' ambassadrice du salpêtre

Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée

Le bal des innocents battait son plein

Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers

La dame sans ombre s ' agenouilla sur le Pont au Change

Rue Gît-le-Coeur les timbres n' étaient plus les mêmes

Les promesses des nuits étaient enfin tenues

Les pigeons voyageurs les baisers de secours

Se joignaient aux seins de la belle inconnue

Dardés sous le crêpe des significations parfaites

Une ferme prospérait en plein Paris

Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée

Mais personne ne l' habitait encore à cause des survenants

Des survenants qu' on sait plus dévoués que les revenants

Les uns comme cette femme ont  l ' air de nager

Et dans l' amour il reste un peu de leur substance

Elle les intériorise

Je ne suis le jouet d 'aucune puissance sensorielle

Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendre

Un soir près la statue d ' Etienne Marcel

M' a jeté un coup d 'oeil d' intelligence

André Breton a-t-il dit passe

C' est, je crois, mon poème parisien préféré car je peux le promener partout .

Donc, après le Chatelet, nous sommes allés au Forum des Halles, à la FNAC, puis nous avons remonté la rue de Rivoli, sommes descendus dans la Pyramide du Louvre - j' adore le Louvre, parce qu' en plus des écrivains, il y a tous mes copains d' art  : la Joconde, la Victoire de Samothrace, la Vénus de Milo, les Noces de Cana, Saint Jean-Baptiste et le Sarcophage des époux et plein  d 'autres encore, et même si je n' ai pas le temps de leur rendre une petite visite, je les sens tous là, tout près... Remontés de la Pyramide, rue de Rivoli, les jardins des Tuileries, la Concorde... Et là, métro pour ramener Florian à la gare.

Ensuite, je suis repartie chez Houcine , dans le XVII ème. J' adore le XVIIème, parce que c ' est un quartier vivant et très mélangé . Là, j' ai  fait le ménage tout le dimanche . Surtout,  je suis allée à la laverie . Ca, c' est génial. J' adore la laverie. Si j' étais une grande cinéaste, je ferais un film sur la laverie...le monsieur Africain qui médite en regardant tourner son linge ; les pauvres femmes blanches ou beures, visiblement très pauvres, qui s ' entraident pour plier les draps et me font des sourires timides ;  les mamas africaines aux bébés dans le dos , placides, qui jacassent et bavardent, si belles, avec leurs grands boubous. Là, je pensais à Péroline, j ' étais à Ouagadougou. Des  petits gamins courent partout et grimpent dans les sèche-linge ... moi, je suis verte : " Ils  vont se faire mal, c' est dangereux..." Et la mère africaine, placide, s 'interrompt à peine pour leur jeter un cri . J 'aime la laverie où on parle toutes les langues, les Slovaques, les Arabes ...et je m' amuse parce que je comprends presque tout ce qu 'ils disent dans leur mélange franco-arabe ou franco-slave... On échange de la monnaie, je dois avoir l' air un peu perdue car plusieurs personnes me proposent leur aide. Bref, je passe là 2 heures charmantes...

Le repassage et la fin du ménage après, c 'est moins charmant, mais à l' idée de faire une bonne surprise à Houcine, je suis heureuse. Je change le pommeau de douche, je lui remplis frigo et étagères de petites gâteries ... C 'est trop bien.

Houcine est rentré dimanche soir de Francfort. Il était tout heureux . Moi aussi.

Lundi, nous sommes allés déjeuner chez mon oncle Bernard et ma tante Martine, saumon suédois et pommes de terre à la sauce Ikéa. Martine avait fait une tarte aux pommes. On était trop contents de se voir . Et puis, Houcine a dû partir, et moi, j' ai dû reprendre le métro pour Austerlitz. Oh la bonne odeur du métro parisien ! l' asphalte noir qui brille de grains de mica... les rats qui courent entre les rails, le " ting"   des portes qui se ferment... toute la poésie de Paris. Je respire à fond pour m' en pénétrer tout entière et en ramener un peu dans moi... dans 1/4 d ' heure, je serai dans le train et dans trois heures, je retrouverai ma maison, mes chats, ma campagne, mon repos... Je suis un peu triste . Je suis un peu fatiguée. Je suis quand-même un peu contente de rentrer chez moi. Je calcule déjà : quand est-ce que je peux revenir ? Si tout va bien, peut-être en mai ou juin, ou cet été ?

La prochaine fois, j' irai au musée des Arts Premiers, quai Branly...

Le train roule. Je rentre dans ma campagne.... 

 

par Françoise publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Mardi 6 février 2007

Je sais, je sais, y ' en a qui vont hurler ! ...mais quand-même ! elles sont si belles, ces deux phrases de Proust sur la lecture ....

"Il n' y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré . Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l' abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu 'on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de  force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu' à monter finir, tout de suite après, la chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l' importunité, elle en gravait au contraire en nous le souvenir tellement doux ( tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour ) que, s' il nous arrive encore aujourd' hui de feuilleter ces livres d' autrefois, ce n ' est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l' espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n' existent plus."

Magnifique, n 'est-ce pas ?....

Pour les râleurs , je n' avais pas dit : juste deux PETITES phrases de Proust ... mais bien "deux  PHRASES "de Proust ! J ' avais prévenu !

par Françoise publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Lundi 5 février 2007

 Fidèles amis habitués du blog Wondermaman, vous n' avez pas été sans remarquer l' humeur poétique de la rédactrice ... Fin de l' hiver ? Emergence blogale du prof de Lettres ?  Malgré les protestations de Jean-Pierre qui dit ne rien comprendre à la poésie hermétique d' André Breton, je veux vous confier un autre poème de lui. ( de Breton ! bien sûr !...qu' alliez-vous imaginer ??? ) 

Toujours pour la première fois

C'est à peine si je te connais de vue

Tu rentres à telle heure de la nuit dans une maison oblique à ma fenêtre

Maison tout imaginaire

C'est là que d' une seconde à l' autre

Dans le noir intact

Je m' attends à ce que se produise une fois de plus la déchirure fascinante

La déchirure unique

De la façade et de mon coeur

Plus je m' approche de toi

En réalité

Plus la clé chante à la porte de la chambre inconnue

Où tu m' apparais seule

Tu es d 'abord tout entière fondue dans le brillant

L ' angle fugitif d 'un rideau

C 'est un champ de jasmin que j' ai contemplé à l' aube sur une route des environs de Grasse

Avec ses cueilleuses en diagonale

Derrière elles l' aile sombre tombante des plans dégarnis

Devant elles l' équerre de l' éblouissant

Le rideau invisiblement soulevé

Rentrent en tumulte toutes les fleurs

C ' est toi aux prises avec cette heure trop longue jamais assez trouble jusqu' au sommeil

Toi comme si tu pouvais être

La même à cela près que je ne te rencontrerai peut-être jamais

Tu fais semblant de ne pas savoir que je t 'observe

Merveilleusement je ne suis plus sûr que tu le sais

Ton désoeuvrement m' emplit les yeux de larmes

Une nuée d 'interprétations entoure chacun de tes gestes

C' est une chasse à la miellée

Il y a des rocking-chairs sur un pont il y  a des branchages qui risquent de t ' égratigner dans la forêt

Il  y a dans une vitrine rue Notre-Dame-de-Lorette

Deux belles jambes croisées prises dans de hauts bas

Qui s ' évasent au centre d 'un grand trèfle blanc

Il y a une échelle de soie déroulée sur le lierre

Il y a

Qu' à me pencher sur le précipice

De la fusion sans espoir de ta présence et de ton absence

J' ai trouvé le secret

De t' aimer

Toujours pour la première fois

C' est beau n' est-ce pas  ?

Mais passons aux choses sérieuses : le bébé d' hier n' a pas été découvert, et, pour la première fois, aucune proposition n'a été faite...Il est pourtant mignon, ce petit ! Voici donc un indice : il s 'agit d 'un bébé garçon. Bonne semaine à tous !

par Françoise publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Samedi 3 février 2007

Notre copine Péroline s' envole lundi pour Ouagadougou... Vous pourrez suivre ses aventures sur son blog répertorié dans les "blogs-amis" de la colonne de gauche.

Hier soir, nous nous sommes dit "au revoir", et avant son départ, je voulais lui dédier cette petite chanson d' Amélie-les-Crayons que j' ai un peu réécrite pour elle :

 

Si la terre est ronde

Tu n' auras qu' à tendre la main

Et dire : " A demain."

Si le ciel est grand

Comme le disent les enfants

Alors

On aura le même .

Si tes jours sont mes nuits

Je dormirai là-bas

Tu rêveras d' ici.

Alors j' ai même pas peur

De te voir partir

J' te fais même un sourire ...

Même pas peur.

Si dans les jardins

Des villes ou d' ailleurs

Il y a de des doux parfums

Si tu trouves une âme soeur

Même du bout du corps

Alors, ce sera bien .

 

Bon voyage, Péro !

par Françoise publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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