Pauvre Mamie.
Egale à elle-même .
Au moment de partir, je me suis avancée vers madame Lorcery et je lui ai demandé: "Madame Lorcery, votre prénom ... c'est quoi ? "
Elle a eu l'air surprise.
"Je m'appelle Louise, ma petite fille."
Le blog de Wondermaman
Fjord
Laitage fondant
Cette baie du littoral
Où le soleil luit.
C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.
Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.
Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.
De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.
Voilà.
Ca pourrait commencer là.
Ca pourrait commencer comme ça.
J' ai retrouvé ces deux photos. Des musiciens. C'est quelque part en Europe de l'Est, quelque part en Slovaquie, près de Bratislava ? de Charfia ?
Ils s'appellent Horvath, Frido.
Ce sont d'honnêtes musiciens tziganes.
" Famille d'honnêtes musiciens tziganes".
C'est ce qui fut répondu à la famille Pradinaud - la famille de mon grand-père paternel - à Mornant, lorsqu'elle s'enquit des origines de cette Anna Horvathova - ma grand-mère paternelle - que le
fils chéri, polytechnicien, Ingénieur des Ponts et Chaussées, de bonne famille bourgeoise, violoniste amateur et cultivé, avait décidé d'épouser.
Ces musiciens sont mes arrières-grands père et oncles.
Ils s'appellent tous Horvath ou Frido.
Ma grand-mère me l'a souvent raconté.
Et comme elle insistait sur le mot "honnêtes" !
"Honnêtes musiciens tziganes".
Petite et dépourvue de préjugés, je ne comprenais pas cette insistance. Je ne savais rien des réputations de voleurs de poules ... et de maïs !
C'est donc dans cette famille "d'honnêtes musiciens tziganes" qu'elle était née.
Ils jouaient du violon, du cimbalom, les femmes chantaient.
Et catholiques !
Ca aussi, elle me l' a dit, et répété, elle qui vénérait la Vierge jusqu'à la superstition !
C'était quand ?
En quelle année ?
Elle ne le savait pas.
Elle ne connaissait même pas sa propre date de naissance.
C'était au début du XXème siècle, dans les années 1910 ?
De son enfance, de ses parents, de ses frères et soeurs, elle n'en parlait jamais.
Je sais seulement qu'elle n'avait jamais eu de poupée.
Et qu'elle en avait souffert.
C'est mon grand-père Francis, son mari, qui lui offrit sa première poupée.
Et par la suite, bien après son mariage, elle en eut une collection.
Elle leur parlait, elle leur chantait des chansons. Elle les faisait danser.
C'est d'elle que j'ai reçu le respect de la représentation de la personne humaine - et le respect de l'humain qui y est lié.
De son enfance, elle racontait seulement qu'elle était partie , un jour , acheter un cimbalom pour son frère (Frido ? Horvath ? ) "pieds nus dans la neige".
La pauvreté ? La misère ?
Je ne sais pas.
Elle n'en parlait pas.
Mais son horreur instinctive des insectes - et des animaux en général - me semble la phobie salvatrice des risques mortels d'épidémies.
Il fallait survivre.
Et la vie, elle l'avait chevillée au corps.
Elle nous l'a transmise.
C'est sûrement cette force de vivre qui lui a donné l'élan vital de partir, de quitter son pays "pieds nus dans la neige", de laisser parents, famille, amis, et de partir.
Pour ne pas mourir de faim.
Quel âge avait-elle lorsqu'elle a tout quitté ?
18 ans ? 20 ans ?
Elle savait seulement qu'elle était mineure .
Et qu' au moment de la crise de 29, ils mouraient de faim.
Encore plus qu'avant.
Elle ne connaissait pas sa date de naissance.
On ne lui a jamais souhaité son anniversaire.
Donc, vers 1930, une petite Slovaque de pas 20 ans marche vers ... l'Amérique.
Car c'est en Amérique qu'elle allait, toute seule, à
pied.
La France, dans son esprit, ne représentait qu'une étape.
Comment a-t-elle survécu ? Avec quel argent ? Au prix de quelles aventures ?
Ca non
plus, nous ne le saurons jamais.
Et le plus étrange est que nous ne lui avons jamais posé de questions.
Elle quittait l'Autriche-Hongrie.
Dans son imaginaire, et peut-être la réalité géographique de l'époque, elle était Hongroise.
Son empereur s'appelait François-Joseph, l'impératrice Elisabeth était sa Reine et l'assassinat de François-Ferdinand une tragédie, comme celle de
Mayerling qu'elle n'évoquait pas sans pleurer.
Et nous pleurions ensemble, en écoutant un violon tzigane.
Elle pensait en français, mais s'exclamait : "Svati Nieveski ! " ( Saints du Ciel ) ou chantait l'histoire de la "Sauva" ( la chouette ) ou "Ah Ah Koke dva" ( Ah Ah les deux chats.)
Le français ?
Elle l'avait appris comme ça.
Lire, écrire, c'est mon grand-père qui lui a appris.
Mais elle respectait Victor Hugo ( un genre de Petit Père des Peuples) , celui des Misérables, et George Sand ( une femme libre, et qui fumait le cigare ! )
Une petite fille un peu triste était pour elle une "pauvre Cosette" et je l'ai vue se lever de sa table, au restaurant, pour aider une petite serveuse qui avait trop de travail !
A pied, en train,en camion, en clandestine surtout, elle arriva, Dieu sait comment, dans la région de Lyon.
C'est ainsi qu'elle rencontra mon grand-père.
Mais ça, je vous le raconterai plus tard ... si vous aimez cette histoire...
Mais aujourd'hui, je
souhaitais vous faire découvrir Brancusi - si vous ne le connaissez pas encore ! - dont je suis allée voir l' atelier à Beaubourg samedi dernier. La première oeuvre que je rencontrai de
lui, c'est cette Muse endormie, et ce fut le coup de foudre immédiat - vous connaissez , hélas, le caractère hautement inflammable de mon coeur d'amadou !
Là,
c'est une vue de l' atelier de Brancusi, allez-y ! C'est gratuit, lorsque vous êtes face à Beaubourg, c'est juste à votre gauche, un petit bâtiment rectangulaire, genre "petit pâté blanc" qui ne
paye pas de mine, mais recèle ces merveilles.
Et vous connaissez
sûrement cette oeuvre : Le Baiser, il s'agit d'une de ses sculptures les plus célèbres.
J'aime ces formes très pures, ici Le Commencement du monde , et cet univers particulier que j'avais déjà rencontré chez les Cisterciens, dans le
dépouillement qui ramène à l'essentiel .
Dans ce Coq,
par exemple, j' aime la composition des matériaux : bronze, pierre, bois, tout autant que l' élancement de la forme fière qui représente bien le coq .
Brancusi a ainsi créé
tout un bestiaire moderne, ici Le Phoque met en jeu la forme et le mouvement. Le plus dur, pour moi, c'est de me retenir de toucher, de caresser , c'est trop tentant ! Tellement tentant
que les oeuvres de l' Atelier sont ( hélas ! ) derrière des vitres pour les protéger des tactiles comme moi . Par contre, dans Beaubourg - au cinquième étage - on pourrait les toucher ... mais les
gardiens veillent ! Dur dur de résister à la tentation !
Là, c'est Le
Poisson , oeuvre , pour moi, hautement spirituelle , sûrement la plus proche de ma représentation du Christ, c'est comme ça que je le vois offert et qu' il indique le chemin, dans sa
fluidité.
Bon, voilà... il y a des jours comme ça... des jours où il n' y a rien qui fonctionne ni qui veuille marcher droit . Aujourd'hui, c'est un jour
comme ça : y'a rien qui aille comme je veux.
Et je m'énerve.
Je m'étais pourtant levée tôt , pleine de bonnes résolutions et avec des tas de choses à faire...
Et puis j' ai passé la matinée à essayer de faire passer l' article au sujet de Marianne sur ce blog, et voilà tout ce que j' arrive à faire :

C'est tout petit, et
illisible, et en couleur, c'est pas mieux ...
En plus, panne sèche de filiku et La Grande Prétresse ne répond plus à mes suppliques.
Bon, je renonce.
Y'a des fois, comme ça, où il faut savoir renoncer à tout.
Mais j' aime pas ça !!!
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