Dimanche 4 mai 2008
Maryline et moi, je l'évoquais hier, nous allons participer au championnat de babyfoot de la fête du lycée . Afin de tenter de dépasser les
64èmes de finale , on s'entraîne dur, et méthodiquement : tous les lundis, de 13 heures 15 à 14 heures, au foyer.
On a engagé un coach - un malheureux garçon qui passait par là et que ses camarades ont désigné : " Lui ! " .
On a acheté deux balles - au cas où on en perdrait une dans le feu de l'action - et Jean-Pierre m'a dessiné une jolie tête de chat sur la mienne pour que je l'identifie.
Je ne sais pas si c'était une bonne idée : je ne vais jamais oser frapper dans la tête de mon petit chat ...
On ne sait pas encore comment on va s'habiller, mais on y réfléchit.
On recherche toujours des "pom pom boys" ...
Donc, on fait ça sérieusement.
Lundi dernier, nous voilà au foyer.
J'étais un peu intimidée : je n' entre jamais au foyer, estimant que c'est le domaine des élèves. Je n'aime pas qu'on vienne m'embêter à la récré dans ma salle des profs avec mes copains, alors, je ne vais jamais embêter les élèves sur leur territoire.
Mais là, c'est pour les besoins de la cause ...
Donc nous voilà toutes les deux au foyer, on prend timidement le vieux baby foot délaissé, et les élèves nous accueillent gentiment, un peu étonnés, nous font remarquer que : " Celui-ci, M'dame, il marche pas très bien" .
Modestes, nous rétorquons que, pour l'instant, vu notre niveau, ça ira bien comme ça...
Notre coach nous prend en main ... et nous envoie 30 buts en 30 minutes ...
A lui tout seul contre nous deux !
On en a quand-même marqué un ou deux ... mais j'ai eu comme l'impression qu'il nous laissait faire pour ne pas nous décourager ... un bon prof, ce coach, lui, au moins, il ne décourage pas ses élèves... Patient, bienveillant, de bon conseil ...
J'ai protesté fièrement : "Il ne faut pas nous laisser gagner pour nous faire plaisir, on est là pour s'entrainer, faut pas nous laisser croire que ..."
Pas de problème, avec 30 buts avalés en 30 minutes, et certains sans même les voir passer, pas de risque que nous nous bercions d'illusions...
En partant , j' ai dit à Maryline que nous avions perdu parce que "quand-même, c'est un garçon, et il est vraiment plus costaud que nous ..."
Et à ce moment là, j'ai réalisé qu' aucune fille ne jouait au babyfoot parmi les élèves, il n'y avait que des garçons...
Je suis donc allée voir les filles :
- Et vous, vous jouez, des fois ?
- Non, jamais.
- Pourquoi ?
- Les garçons, ils disent "dégage", ils ne nous laissent pas .
- Nous, ils ne nous ont pas dit de dégager.
- Vous, vous êtes des profs ( j'ai compris, donc, pas des filles, c'est bien connu, le prof est asexué ...)
- Vous pourriez vous imposer, insister, quand-même, les filles !
- On n'a même plus envie.
Nous sommes reparties toutes songeuses - et mélancoliques - ... de mon temps, nous, les filles, on jouait au baby-foot, et les garçons aussi, et on jouait même ENSEMBLE ...
Il est vrai que c'était dans les années 1973 à 1980 .
Les garçons, en ce temps là, se disaient pour l'égalité des sexes, ils nous respectaient. Etre "féministe" était bien vu, de si bon ton que je les soupçonnais même d'en jouer comme argument de séduction : "Moi, j'suis pas comme les autres... Moi, je respecte les filles" .
Et pour certaines, ça marchait ...
Pas avec moi : ça me rendait encore plus méfiante, au moins, avec le vrai macho du coin, on sait à quoi s'attendre, pas de risque...
Mais quand même, je me dis que nos jeunes actuels ont, hélas, beaucoup régressé sur la question.
La fête du lycée est repoussée au 6 juin. Ca nous laisse un peu de temps pour nous préparer ...
Et je me prends à espérer que, peut-être, notre présence pourrait donner l'idée aux filles qu'elles peuvent, elles aussi avoir accès au babyfoot, pourquoi pas ?
On a engagé un coach - un malheureux garçon qui passait par là et que ses camarades ont désigné : " Lui ! " .
On a acheté deux balles - au cas où on en perdrait une dans le feu de l'action - et Jean-Pierre m'a dessiné une jolie tête de chat sur la mienne pour que je l'identifie.
Je ne sais pas si c'était une bonne idée : je ne vais jamais oser frapper dans la tête de mon petit chat ...
On ne sait pas encore comment on va s'habiller, mais on y réfléchit.
On recherche toujours des "pom pom boys" ...
Donc, on fait ça sérieusement.
Lundi dernier, nous voilà au foyer.
J'étais un peu intimidée : je n' entre jamais au foyer, estimant que c'est le domaine des élèves. Je n'aime pas qu'on vienne m'embêter à la récré dans ma salle des profs avec mes copains, alors, je ne vais jamais embêter les élèves sur leur territoire.
Mais là, c'est pour les besoins de la cause ...
Donc nous voilà toutes les deux au foyer, on prend timidement le vieux baby foot délaissé, et les élèves nous accueillent gentiment, un peu étonnés, nous font remarquer que : " Celui-ci, M'dame, il marche pas très bien" .
Modestes, nous rétorquons que, pour l'instant, vu notre niveau, ça ira bien comme ça...
Notre coach nous prend en main ... et nous envoie 30 buts en 30 minutes ...
A lui tout seul contre nous deux !
On en a quand-même marqué un ou deux ... mais j'ai eu comme l'impression qu'il nous laissait faire pour ne pas nous décourager ... un bon prof, ce coach, lui, au moins, il ne décourage pas ses élèves... Patient, bienveillant, de bon conseil ...
J'ai protesté fièrement : "Il ne faut pas nous laisser gagner pour nous faire plaisir, on est là pour s'entrainer, faut pas nous laisser croire que ..."
Pas de problème, avec 30 buts avalés en 30 minutes, et certains sans même les voir passer, pas de risque que nous nous bercions d'illusions...
En partant , j' ai dit à Maryline que nous avions perdu parce que "quand-même, c'est un garçon, et il est vraiment plus costaud que nous ..."
Et à ce moment là, j'ai réalisé qu' aucune fille ne jouait au babyfoot parmi les élèves, il n'y avait que des garçons...
Je suis donc allée voir les filles :
- Et vous, vous jouez, des fois ?
- Non, jamais.
- Pourquoi ?
- Les garçons, ils disent "dégage", ils ne nous laissent pas .
- Nous, ils ne nous ont pas dit de dégager.
- Vous, vous êtes des profs ( j'ai compris, donc, pas des filles, c'est bien connu, le prof est asexué ...)
- Vous pourriez vous imposer, insister, quand-même, les filles !
- On n'a même plus envie.
Nous sommes reparties toutes songeuses - et mélancoliques - ... de mon temps, nous, les filles, on jouait au baby-foot, et les garçons aussi, et on jouait même ENSEMBLE ...
Il est vrai que c'était dans les années 1973 à 1980 .
Les garçons, en ce temps là, se disaient pour l'égalité des sexes, ils nous respectaient. Etre "féministe" était bien vu, de si bon ton que je les soupçonnais même d'en jouer comme argument de séduction : "Moi, j'suis pas comme les autres... Moi, je respecte les filles" .
Et pour certaines, ça marchait ...
Pas avec moi : ça me rendait encore plus méfiante, au moins, avec le vrai macho du coin, on sait à quoi s'attendre, pas de risque...
Mais quand même, je me dis que nos jeunes actuels ont, hélas, beaucoup régressé sur la question.
La fête du lycée est repoussée au 6 juin. Ca nous laisse un peu de temps pour nous préparer ...
Et je me prends à espérer que, peut-être, notre présence pourrait donner l'idée aux filles qu'elles peuvent, elles aussi avoir accès au babyfoot, pourquoi pas ?
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