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Filikus

Fjord

Laitage fondant
Cette baie du littoral
Où le soleil luit.

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Texte libre

C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.

Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.

Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.

Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.

De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.

Vendredi 25 janvier 2008

En ce moment, je relis les Chansons  de Marie Noël, poète peu connue née en 1883 morte en 1967. 
J'aime beaucoup ses poèmes apaisants .

Ce soir, je vais faire concurrence au blog de Véronique, mais je veux vous présenter l'un d' eux, et,seulement si vous êtes sages, demain, vous en aurez un autre .

Chanson

Quand il est entré dans mon logis clos,
J'ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L'hiver dans les doigts, l'ombre dans le dos...
Sais-je depuis quand j'étais là sans être ?

Et je cousais, je cousais, je cousais...
- Mon coeur, qu'est-ce que tu faisais ?

Il m' a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu'ils semblaient, - si gais, si légers, si doux, -
Deux petits oiseaux caressant la dalle.

De-ci, de-là, j' allais, j'allais, j'allais ...
- Mon coeur, qu'est-ce que tu voulais ?

Il m' a demandé du beurre du pain,
- Ma main en l' ouvrant caressait la huche -
Du cidre nouveau, j'allais et ma main
Caressait les bols, la table et la cruche.

Deux fois, dix fois, vingt fois, je les touchais ...
- Mon coeur, qu'est-ce que tu cherchais ?

Il m'a fait sur tout trente-six pourquoi.
J' ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid et du chaud, des gens et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres...

Et je causais, je causais, je causais...
- Mon coeur, qu'est-ce que tu disais ?

Quand il est parti, pour finir l' ourlet
Que j'avais laissé, je me suis assise...
L'aiguille chantait, l'aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise...

Et je cousais, je cousais, je cousais...
- Mon coeur, qu'est-ce que tu taisais ?


par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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