Le Blog Wondermaman
C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.
Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.
Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.
De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.
Fjord
Laitage fondant
Cette baie du littoral
Où le soleil luit.
Découverte à l' oral du bac, je ne connaissais pas cette page de Camus , j' avoue n' avoir jamais lu La Peste, mais je sens
que je vais combler rapidement cette honteuse lacune ! ...
" Au début de la peste, ils se souvenaient très bien de l' être qu' ils avaient perdu et ils le regrettaient. Mais s' ils se souvenaient nettement du visage aimé, de
son rire, de tel jour dont ils reconnaissaient après coup qu' il avait été heureux, ils imaginaient difficilement ce que l'autre pouvait faire à l' heure même où ils l' évoquaient et dans des
lieux désormais si lointains. En somme, à ce moment-là, ils avaient de la mémoire, mais une imagination insuffisante . Au deuxième stade de la peste, ils perdirent aussi la mémoire. Non qu' ils
eussent oublié ce visage, mais, ce qui revient au même, ils avaient perdu sa chair, ils ne l'apercevaient plus à l'intérieur d' eux-mêmes. Et alors qu' ils avaient tendance à se plaindre, les
premières semaines, de n' avoir plus affaire qu' à des ombres dans les choses de leur amour, ils s' aperçurent par la suite que ces ombres pouvaient encore devenir plus décharnées, en perdant
jusqu' aux infimes couleurs que leur gardait le souvenir. Tout au long de ce long temps de séparation, ils n' imaginaient plus cette intimité qui avait été la leur ..."
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