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Texte libre

C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.

Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.

Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.

Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.

De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.

Commentaires

Filikus

Fjord

Laitage fondant
Cette baie du littoral
Où le soleil luit.

Histoires d' amour

Lundi 6 juillet 2009 1 06 07 2009 08:06
Avec mon âme de midinette, j' aime bien les histoires d'amour, j' en ai pris nettement conscience hier soir à Noirlac au cours d'une vieille chanson berrichonne et en observant mon entourage.

J' aime bien les histoires d' amour, de préférence quand elles se finissent bien, mais même quand elles se finissent mal, c' est presque toujours beau, une histoire d' amour, même quand ça finit mal.
Et puis, ça veut dire quoi : "finir mal" ?  - qu' "ils" n' ont pas "fini" ensemble ? Qu' est-ce que ça change ? ça n' enlève rien à ce qui a été.

Eté.
Je vous propose donc un feuilleton de l' été : les histoires d'amour, en général, ou, plus spécifiquement, les rencontres amoureuses , parce qu' un des plus beaux moments, dans une histoire d'amour, c' est la rencontre amoureuse, non ? ... le moment où "ça" vous tombe dessus comme une fulgurante évidence , qu' on tente de la nier ou pas.

Voyez Phèdre - une spécialiste, même si cela ne lui a pas réussi ...

"Je le vis , je rougis, je pâlis à sa vue 
Un trouble s' empara de mon âme éperdue
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler
Je sentis tout mon corps et transir et brûler ..."

(Oui, je sais, Marianne, celle-ci, je l' ai déjà citée plus d'une fois ! ...)

Donc, si vous avez des histoires d' amour, ou de rencontres amoureuses, n' hésitez pas à me les confier, en commentaire ou  par mail,  afin que je les publie sur le blog.

J' en ai plein la tête, des rencontres amoureuses, c'est ma "petite collection invisible et qui ne tient pas de place" .
J' aime bien savoir comment les personnes que je connais se sont rencontrées, je m' arrange toujours pour le leur demander et leur faire raconter ...

(Oui, Marianne, c' est encore du "Agnès Varda", mais je le faisais déjà avant de la connaître .)

Je sais - à quelques exceptions près - comment se sont rencontrés tous les couples, durables ou éphémères que je connais ...

En voici une, donc, j' ouvre le bal , et je donne l' exemple, puisqu' elle me concerne tout particulièrement.

J' ai rencontré le père de mon fils dans une piscine, à Courbevoie, un dimanche matin.
Il y avait emmené la fille d'un de ses copains , il aimait beaucoup les enfants.
Moi aussi, j' aimais déjà beaucoup les enfants. J' ai "clapauté-pataugé" avec la petite fille rieuse et apeurée et lui ai dit : "Elle est mignonne, votre fille".
Il m'a répondu : "Ce n' est pas ma fille, c' est la fille d'un copain, d'ailleurs, je n' ai pas d' enfants et je ne suis pas marié ... et là, on doit partir, mais si vous voulez, on peut se revoir ce soir à 5 heures à La Défense ..."
Rapide, simple, efficace.
Il fut tout aussi rapide, simple et efficace pour me quitter 5 ans plus tard.
Je suis tombée amoureuse de lui parce qu' il avait les yeux de la couleur de la piscine.
Ca tient à peu de chose, l' amour ! ...

A vous, maintenant !
Sinon, ne vous inquiétez pas, j' en ai  plein d' autres dans la tête ! ...


Par Wondermaman - Publié dans : Histoires d' amour
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 07 2009 07:53
Cette rencontre a eu lieu dans ma rue.

"Elle" avait 3 ans. "Il" en avait 5 .
Elle gambadait sur le trottoir  toute fière de ses petites jambes toute neuves .
Il sortait fièrement, fonçant aux pédales de son nouveau tricycle, déboulant de son garage.

Il lui rentra dedans, la percuta, elle tomba à la renverse.

Sa maman (à lui) lui donna une grande claque pour lui apprendre à ne pas débouler sans faire attention aux autres..
Sa maman (à elle) lui donna une grande claque afin de lui apprendre à ne pas courir sans regarder devant elle.

Et voilà.
Coup de foudre.

Ils se sont souvent quittés.
Ils se sont toujours retrouvés.
Ils ont beaucoup voyagé à travers le monde entier.
Ils sont revenus habiter dans cette rue.

Cette rencontre a eu lieu il y a 55 ans.
Ils sont toujours ensemble.


Par Wondermaman - Publié dans : Histoires d' amour
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 07 2009 08:01
Authentique et récente rencontre amoureuse.

Elle est enseignante et n'a pas vraiment les pieds sur terre.
Il travaille dans le bâtiment et n' a guère la tête dans les étoiles.

Ils se sont rencontrés à un karaoké.

Il a chanté une chanson de Renaud.
Elle a été subjuguée.

Il était avec ses copains, elle était avec des amis, à une autre table, plus loin.

Au moment de partir, elle a pensé :" Je ne peux pas rentrer comme ça, il faut  que j' aille lui parler."
 Elle a pris son courage à deux mains, a traversé la salle et lui a dit " J' ai beaucoup aimé comme vous avez chanté Renaud tout à l' heure."
Il a levé les yeux , l' a regardée : "Vous partez ? "
Elle : "Oui, je rentre."
Lui : "Vous ne rentrerez pas sans que nous ayons chanté un duo ensemble."

Et ils ont chanté.

Lorsqu'il lui a demandé son numéro de portable, elle a pensé à ce qu' elle a toujours dit à ses filles, à ses copines et à elle-même : "On ne donne pas son numéro de portable à un inconnu."
Et elle le lui a donné.

Il devait connaître la chanson de Bénabar Vade retro téléphone :
"Faut pas qu' j' l' appelle, pas qu' j' l' appelle, Vade retro, téléphone, faut pas qu' j' l' appelle, pas que j' l' appelle , trois jours, minimum. "

Il a appelé trois jours plus tard.
"Les meilleurs techniciens se sont penchés sur la formule : c'est trois jours exacts le résultat de leurs calculs ..."

Il l'a invitée à dîner. Elle a accepté.

En allant au rendez-vous, son coeur battait, ses jambes tremblaient, elle a embouti quelques voitures,  craqué ses vêtements, s' est cognée partout, a cassé plusieurs  objets, perdu son portable, son sac à main , ses clés, sa carte bancaire, son porte-monnaie ...

Le soir même, elle l' a suivi chez lui en se disant ce qu' elle dit toujours, depuis plus de 20 ans à ses filles, à ses copines, et à elle-même : "Jamais le premier soir ! " ...



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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 07 2009 06:10
Un peu banal , ils se sont rencontrés dans un bal.

Lorsqu' "elle" l' a vu entrer, "elle" a dit à sa copine assise près d' "elle" : " Tu vois le beau gars qui vient d' entrer là-bas ? c' est l' homme de ma vie."

Lorsqu' il est venu inviter sa copine à danser, c' est "elle" qui s 'est levée - "précipitée", dit-il, quand il raconte l' histoire - vers lui.
Un malentendu.
"Elle" y croyait tellement !
Lui, il prétend toujours que c' est bien la copine qu 'il voulait inviter.

Ils sont mariés depuis 51 ans.

Ce sont mes parents.


Par Wondermaman - Publié dans : Histoires d' amour
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Lundi 13 juillet 2009 1 13 07 2009 07:25
Je crois vous l' avoir déjà racontée ...

Telle Rebecca dans la Genèse, elle s' en allait chercher de l' eau à la fontaine lorsqu'il passa, comme un bolide, sur sa grosse moto vrombissante ...

Elle était joueuse et gaie : elle agita la main pour faire "Coucou ! " ... comme ça ...

Il fit immédiatement demi-tour et vint lui parler.

Il fut séduit et lui écrivit les jours qui suivirent, une lettre d' amour.
Elle ne savait ni  lire ni écrire et fut fort embarrassée : elle tournait, retournait la lettre dans ses mains :  que faire ? à qui se confier ? à qui oser demander de la lire ? et si la lettre s' avérait "inconvenante" ? ... quelle honte pour cette petite Slovaque émigrée qui tentait de gagner honnêtement sa vie ! ...

Elle finit par oser demander à une amie qui fut éberluée : ce Monsieur était un "Monsieur", un des meilleurs partis de la région !

Elle accepta donc de l' épouser.

Plus tard, il lui apprit à lire et à écrire et lui offrit une poupée, parce qu' elle n' en avait jamais eu ... et il mourut  du typhus à Dachau .

C 'était mon grand-père.

Je porte son prénom.


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Mardi 14 juillet 2009 2 14 07 2009 07:41
Elle se tenait devant la photocopieuse de la salle des profs, tellement occupée à se battre contre la machine qu' elle a à peine senti sa présence dans son dos et ne s'est pas retournée.

Lorsqu'elle s'est décidée à lui ouvrir le ventre afin d'extirper les feuilles coincées, il a tendu la main.

Elle a entendu : "Je peux t'aider ?" et elle a senti son parfum.

Elle a compris qu' elle explosait de l' intérieur et a eu seulement le temps de penser :

"Non ! Pas ça ! "


 
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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 07 2009 07:00
C'était le jour du bac.
Depuis le début de l' année, il l'avait souvent regardée. Elle, elle ne le voyait pas.
Trop préoccupée.
Ses études, sa meilleure amie, sa famille ...

C' était le jour du bac et elle s'était assise dans l' herbe.
Il est venu s'asseoir près d'elle.
En silence.

Elle savait qu'il allait partir, mais il l'embrassa.

Depuis, à chaque veille du bac, ils fêtent "leur" anniversaire.


 
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 07 2009 07:00

 

 

 

Depuis 6 mois, je vivais seule au dernier étage de ce petit immeuble tranquille où j’avais fait mon nid.

Seule avec mon bébé.

Mes gentils voisins aux 11 filles étaient partis.

Ce dimanche soir, je rentrais de Paris. Mon bébé dans les bras. J’avais passé le week-end de l’Ascension chez mon oncle et ma tante bien-aimés. Nous avions dormi dans la chambre des boas. Mon bébé dans mon lit.

Ce soir-là, je me sentais heureuse et libre. J’en avais soupé, des hommes ! Plus jamais aucun ne m’approcherait. Aucun ne me ferait du mal. Ni à mon bébé.

Tiens ! j’allais avoir de nouveaux voisins …

Tous les signes d’un déménagement devant ma porte. Je jetai un coup d’œil afin d’identifier, dans ce capharnaüm, ce qui pouvait ressembler à une famille, une maman, un papa. Visiblement pas d’enfants.

Les portes sont grande ouvertes et je distingue pêle-mêle sur un vieux buffet des rouleaux de papier hygiénique et une très jolie bouilloire ronde sympathique et cabossée.

En fait, c’est la bouilloire qui m’a séduite.

Le soir, lorsque mon unique voisin, l’air tout perdu, est venu frapper à ma porte afin de me demander comment fonctionnait la chaudière, je suis restée perplexe, et méfiante …

Un homme seul dans un si grand appartement !

Et le seul individu assez largué sur la terre pour s’imaginer que je puisse avoir une tête de spécialiste en chaudières !

J’étais encore tombée sur un fada. N’est-ce pas mon bébé ?

Sûrement un homosexuel.

Ou un divorcé qui venait  de jeter une malheureuse.

Ou un veuf ?

Assurément, il l’avait tuée !

Un homme, c’est toujours  un tueur.

Attention mon bébé !


 

 

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Lundi 20 juillet 2009 1 20 07 2009 07:00

 

 

 

Il lui fallut du temps pour m’apprivoiser.

Peu à peu, je pris l’habitude de n’être plus seule à mon dernier étage. Je l’entendais partir, tôt le matin. J’écoutais l’ascenseur grincer son retour, tard le soir. J’appris à reconnaître sa voiture, rouge, sur le parking. Le dimanche, je l’entendais siffler des marches militaires.

Sûrement un fasciste !

J’analysai ses poubelles. Nul doute : il mangeait les sardines à l’huile et le cassoulet à même la boîte de conserve. C’était le roi des soupes « Royco minut’soup ».

Horrible !

J’identifiai petit à petit chacune de ses femmes. Celle qui se glissait subrepticement chez lui après avoir frappé 3 petits coups discrets. Celle qui tambourinait des heures durant et menait grand tapage sur le palier, pour laquelle il faisait semblant de ne jamais être là. Celle qui paraissait beaucoup trop jeune pour lui. Celle qui paraissait beaucoup trop vieille pour lui. Celle qui venait l’aider à ranger et prendre un thé de temps en temps. Celles qui apparaissaient, l’espace d’un week-end ou de quelques jours, avec lesquelles il disparaissait, l’espace d’un week-end ou de quelques jours et qu’on ne revoyait plus jamais.

Amusant …

Lorsqu’il vint frapper à ma porte, du courrier à la main, demandant si je connaissais l’adresse des anciens locataires, j’avais envie de rire … « C’est pas marqué La Poste ! »…

Lorsqu’il vint m’inviter à écouter Carmen le soir chez lui, A LA RADIO sur France-Musique – « Je crois que vous aimez l’opéra… » - j’avais vraiment envie de rire !

Et puis j’y suis allée.

Et je l’ai dévoré tout cru sur le canapé.


 

Par Wondermaman - Publié dans : Histoires d' amour
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 07 2009 07:58

 

 

On dit qu’à chaque mariage, il s’en forme un autre.

 

Il était étudiant en médecine.

A ce mariage-là, elle était sa cavalière.

 

Le soir, pendant le repas, elle fut prise de nausée et s’éclipsa dans un salon voisin, malade, malade, malade…

Il vint immédiatement à son chevet et passa la soirée à lui tenir cuvettes et bassines pendant qu’elle vomissait vomissait vomissait …

 

Il ne mangea pas.
Il n’alla ni danser ni s’amuser avec les autres.

Il passa la moitié de la nuit à la regarder vomir.

Amoureusement.

 

Il ne l’a plus jamais quittée .



 

Par Wondermaman - Publié dans : Histoires d' amour
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