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Cette baie du littoral
Où le soleil luit.

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C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.

Il t'avertit, dès l' entrée, que je ne m' y suis proposé aucune fin, que domestique et privée.

Je n' y ai eu nulle considération de ton service ni de ma gloire.

Je l' ai voué à la commodité de mes parents et amis : à ce qu'ils puissent y retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu' ils ont de moi.

De Saint Amand, ce vingt cinquième de novembre deux mil six.

Samedi 21 juin 2008
Je suis toujours dans le Journal de Jean-Luc Lagarce. Toujours avec autant de passion.

Et ma lecture confirme ce que je savais déjà : nous avons vécu dans les mêmes lieux, fait les mêmes choses, aux mêmes moments.

En mai 1977, il note  : "Jacques Vingler" , j'ai travaillé avec Jacques Vingler de 1981 à 1984.

Nous avons vu les mêmes films : La Dentellière, avec Isabelle Huppert,  Senso de Visconti, La Vie devant soi, Une journée particulière, Certains l'aiment  chaud, Mort à Venise, le Molière de Mnouchkine,  Sonate d'automne de Bergman, Annie Hall, Intérieurs , Stardust Memories et Manhattan de Woody Allen, 2001 : l' Odyssée de l'espace et les Monthy Pyton, Nos plus belles années , avec Robert Redford  et La Mort aux trousses et Fenêtre sur cour - qui font partie de mes films cultes !
Il aime, comme moi, Alain Cavalier, Thérèse, en particulier , Le Nom de la Rose et La Sirène du Mississipi, Marathon Man et La Dolce Vita.

Il voit Portier de nuit et La Grande Bouffe, que j'ai refusé d'aller voir.

Au théâtre : Un conseil de classe très ordinaire et en juillet, il va à Hérisson ! évoque Jacques Lassalle, Chéreau, Françon, Novarina ( "Novarina est un immense bonheur." ) , Minyana, Vinaver, Grumberg , Strinberg ...

" parler à la salle, regarder le public et parler, tout droit."

"Tout ça, face public."

"Il est vrai qu'il y a toujours un moment terrible d'abandon dans les théâtres quand tout est prêt, que les techniciens sont partis boire un verre, que les acteurs sont dans leurs loges à se préparer, être là, un peu rejeté, sans place à soi."

" Entrée ans le théâtre. Solitude terrifiante - quoi qu'on dise ou fasse - du métier de metteur en scène dans la dernière ligne droite."

"le théâtre, des fois, c'est magnifique ! "

Nous lisons les mêmes livres : Jules Vallès, Michel Butor, Le Portrait de Dorian Gray, Fragments d'un discours amoureux et Sur Racine de Barthes, Un éte 42, Michel Tournier, La Jalousie  de Robbe-Grillet, Antonin Artaud, L'espace vide de Peter Brook, les Nouvelles de Salinger, la lettre au Père de Kafka - qui fut pour moi une révélation - L'Amant  de Marguerite Duras, Belle du Seigneur d'Albert Cohen.

A propos de Belle du Seigneur :

"Il fallait y venir. C'est superbe, magnifique, très drôle, très émouvant (...) A propos des Deume, visite aux Chers Parents hier. Terrific. Ma mère au sommet de son art de mère."

J'adore !

A propos des parents :

"Si je téléphone à la maison et que c'est ma soeur qui répond, cela me coûte environ 50 centimes, avec mon père, un franc, et avec ma mère 5 à 6 francs".

" On roule en voiture. Un type torse nu en short court sur le bas-coté. Cuisses magnifiques et surtout un vrai dos d'athlète.
Je m'exclame ( je me crois où, à la Gay Pride ? ) : "Il est drôlement bien roulé."
Léger temps. Ma mère dit :" Oui, il n'est pas mal."
Mon père regarde la route. Un temps. On croise en gros plouc sur un vélo.
Il dit : " Oui. Il est mieux que celui-là !"
C'est tout. Ca pèse des tonnes."

"Demain et ce soir, je vais chez mon Papa et ma Maman. Préparez-vous au chapitre inévitable et oedipien."

" Je téléphone à ma mère. Je pourrais avoir des bubons plein la figure, avoir été torturé par la Gestapo ( les temps sont durs ! ) ou plus simplement (sic ! ) ne pas être en forme, ça donne :
" C'est toi. Je me disais, justement, il va m'appeler ( l'instinct maternel comme moyen de communication ) , j'en parlais à ton père ..."

" Les parents sont venus passer 3 jours à Paris. La Totale . La tour Eiffel, les 3 étages, l'Arc de Triomphe, les Champs Elysées, Beaubourg, le Louvres, les bateaux-mouches, le forum des halles... Tout."

" ...mon père n'a aucun papier sur lui, elle a rangé sa carte d'identité avec la sienne.
Moi : " S'il t'arrivait quelque chose ?
Lui : S'il m'arrivait quelque chose, ta mère serait juste à côté ...
Elle : Ce serait plus pratique. S'il était dans le coma, je montrerais ses papiers ..."
Voilà. C'est tout eux, ce genre de dialogue surréaliste. Elle dans le coma ?
Lui : " Ta mère dans le coma ? Franchement, ce jour-là, il n'est pas arrivé !"

Comme lui, j'écoute les Beatles, Chopin, Maria Callas, Mozart ...

Comme lui, je tape ma maîtrise à la machine.

Il note l'incendie qui fit 200 morts dans un camping en Espagne, la mort de Brel, l'affaire Boulin, l'enterrement de Sartre - j'y étais ! ... on était 50 000 à croire encore à l'engagement ...,  la victoire de Mitterrand aux présidentielles en 1981  le raz-de-marée de gauche aux législatives , la mort de Romy Schneider , de Simone de Beauvoir ou de Simone Signoret, l'affaire Grégory, la mort de Malik Oussekine .

Il relève mes citations préférées :

 "
Dans un mois, dans un an comment souffrirons-nous
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ..."


Nous n'étions sûrement pas les seuls à lire, voir, écouter les mêmes oeuvres, à vivre les mêmes événements, mais quand-même : ces années-là, Jean-Luc Lagarce est entre Besançon et Montbéliard : c'est là que je vivais .

A partir de 1986, le Sida devient de plus en plus présent :

"L'homme avec qui vit Y. est en train de mourir".

"L'ami de Y. est mort . Vie au ralenti, là."

"Pas amoureux en ce moment, de personne. Incapable."

"hécatombe"

" je vis désormais avec, comme assis sur la Mort"

"Y. a le Sida. Hospitalisé à la Salpétrière. C'est tout."

"Y. est mort."

J'aime son humour :

"Ne songe plus à mourir 15 fois par semaine (?). Deviens probablement adulte."

" Comme elle dit - pour cela que je l'aime - "l'un de nous 2 est de mauvaise foi et ce n'est pas moi."

" Baisé ( pas d'autre mot, excusez-moi ) ...
L'autre nuit ( de dimanche à lundi ) avec un type ( je sais je sais, je n'ai pas une vie extrêmement passionnante ! Vous n'êtes pas obligés de donner ce passage-là en commentaire aux élèves de première.)"

"Problème délicat résolu : la-banque-du-bon-sens-près-de-chez-vous vient de me règler mon compte. Suppression subtile de la carte de crédit et comme "votre compte est à sec..."."

"Ma trentaine qui arrive. Deviens sérieux et discipliné. Entendons par là que je paie mes impôts, que j'organise mon travail et qu'une remarque désobligeante ne m'atteint pas au point d'avoir mal au crâne."

"Ai eu 29 ans hier. Bon. Ce n'était pas trop grave."

"Une centrale nucléaire a sauté en URSS. La presse française se pose la question essentielle :"Est-ce que cela peut arriver en France ?"
Réponse : "Non !"
(Ouf ! ) "

J'aime sa dureté :

" lecture d'un pensum de J. Angoissant de prétentions symboliques en tous genres . ( Du genre, symbole au premier acte, lourdement appuyé au deuxième et expliqué avec forces détails au troisième. Parce que c'est en 3 actes ...)"

Son désespoir :

"Je n'avais pas d'argent, mes cadeaux étaient ridicules, cela me rendit triste."


Je partage sa conception de la "politique" :

" Débat public, ici, sur le thème culturel "Quelle écriture contemporaine , pour quel Monde contemporain ? " (sic !)  Avec les inévitables intellectuels barbus, anciens dramaturges du TNS, l'auteur qui écrit, mais que personne ne lit et l'acteur-metteur-en-scène-animateur grisonnant, défenseur de la décentralisation.
(...)
Avec, dans le public - "Y a-t-il des questions ?- l'inévitable grosse fille laide qui parle au nom du "peuple" (sic ! ) ..."

A propos des montées du terrorisme et de l'extrême droite :
"Ce n'est pas tant la peur de mourir écrasé sous les décombres d'un supermarché qui serre la gorge (...) c'est bien plutôt le sentiment de voir apparaître une nouvelle mentalité, de voir naître de nouvelles valeurs épouvantables qui, elles, resteront, certaines de leur bon droit."

" Les gens ne cessent de râler pour tout et pour rien ( et Dieu sait que c'est le grand luxe, haute gastronomie, activités, snobs ...) . Mais ils sont ridiculement vieux et méchants."

" les terroristes ont fait sauter la voiture de ( ...) Alain Peyrefitte,  ( ...)  salopard idéologique et laid comme un pou. Par contre le chauffeur ( CGT à tous les coups ) y est passé. On ne peut plus compter sur personne."

" Grèves dans le secteur public (SNCF, RATP, EDF ... ) . Récupération par les communistes. Récupération de la récupération communiste par la droite, bête et arrièrée. Manifestation de la "majorité silencieuse" : les mères de famille en colère (...)
Récupération de la récupération droitière et imbécile par les communistes (...) etc., etc."


Je partage sa solitude  :

"Plaisir doux d'être seul.
Pas seul. Solitaire. Vivre à mon propre rythme. Lire comme depuis longtemps ça ne m'était pas arrivé.
Aller à mon rythme. Ne pas dépendre. Etre assez peu responsable.
(...)
Ne penser à rien d'autre qu'à bien faire."

J'aime comme il parle de ses amours:

"je suis amoureux-malheureux".

"...avons joué donc, après s'être retrouvés, comme deux gamins, deux gosses n'osant apparemment pas trop se dire combien il était important de se revoir."

" ... de la difficulté ridicule d'être tendre."

"Se lever. Partir."

" Difficile, mais en fait, j'ai besoin de lui, de sa manière d'être".

" L' Autre est dangereux car il contredit ma vie."

" ("Emoi et attirance.") ( Dans la collection Harlequin.)"

" Le lendemain, qu'on se rassure, je triche à nouveau."

Et sexuellement, il m'impressionne.

Vraiment.
par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Vendredi 20 juin 2008

Comme vous le savez, j'ai tagué Gérald.
Mais voilà : Gérald n'a pas de blog !
Alors voici sa réponse :

"Pour le tag, voici ce que donne l'énorme livre (génial je trouve) que je suis en train de lire assidument depuis 15 jours ( il ne fait que 1100 pages ) . Son titre : 2666. Son auteur : Roberto Bolano ( avec tilde sur le n : il s'agit d'un écrivain sud-américain ) . Voici la cinquième phrase et alentours de la page 123 :

" Ils parlèrent d'abord d'Alfonso Reyes, que Morini connaissait passablement, puis de sor Juana, dont Morini ne pouvait oublier ce livre écrit par Morino, ce Morino qui semblait être lui-même, où étaient recensées les recettes de cuisine de la religieuse mexicaine. Ensuite ils parlèrent du roman d'Alatorre, du roman qu'il pensait écrire et de l'unique roman qu'il avait déjà écrit, de la vie d'un jeune Mexicain à Toulouse, des jours d'hiver qui bien que courts étaient interminablement longs, des rares amis qu'il s'était fait en France ( la bibliothécaire, un autre boursier de nationalité équatorienne qu'il ne voyait que de temps en temps, le serveur d'un bar qui se faisait une idée du Mexique aussi extravagante qu'insultante aux yeux d'Alatorre ) , des amis qu'il avait laissés à Mexico et à qui, quotidiennement, il écrivait de longs mails monothématiques sur son roman en chantier et sur la mélancolie.
L'un de ses amis à Mexico, à en croire Alatorre, et cela, il le dit de manière innocente, avec cette pointe de forfanterie sans huère de malice des écrivains mineurs, avait fait la connaissance il y avait peu de temps d'Archimboldi."

Gérald, un gros roman aux longues phrases - Marianne, un ouvrage sur le cinéma -  Martine, Cyrano -  moi, Breton - Péroline, un livre médical - Véronique, un livre en anglais - Matthieu, un bouquin de physique ...

Intéressant et révélateur, ce tag !

Vous qui n'avez pas de blog, n'hésitez pas à participer, en commentaire !

Facile : trouver la page 123 du livre le plus proche de vous, recopier la cinquième phrase et les deux suivantes ...

A bientôt !


par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Dimanche 15 juin 2008
Enfin un peu de temps , un peu moins de fatigue et surtout un peu de liberté d'esprit : je retrouve la capacité de lire !

Bonheur !

Je suis dans le Journal de Jean-Luc Lagarce, avec fougue, avec passion . Je vis avec lui, pour lui, nuit et jour , jour et nuit , amoureuse d'un homosexuel mort depuis plus de 10 ans  !

Grave ! "Frappadingue" et givrée !

Je n'avais pas connu cela depuis Harry Potter !

Et pleine de bonnes résolutions : un seul livre à la fois, pas 10 en même temps, comme je le fais d'habitude.
Je ne me disperserai pas, je serai méthodique et organisée,je m'en tiendrai à une fidélité séquentielle : un seul à la fois ! Jean-Luc Lagarce, et aucun autre, jusqu'à épuisement .

Bon, d'accord, je m'accorde un peu de Sophie Calle de temps en temps , dans la journée , on ne passe pas de 10 à 1 seul sans transition , il ne faut pas se contraindre trop fortement, de crainte de l'explosion.

Après ? J'ai - j'avais - programmé  méthodiquement : Les cerfs volants de Kaboul, tous les "petits" livres et mangas prétés par les copines et que je dois rendre depuis des mois, La divine comédie ... et que sais-je encore  ? ...

Mais voilà, ce matin tombe la GRANDE NOUVELLE que j'attends depuis plus d'un mois : le programme des Terminales L !

Et je crains bien que ma vie et mes vacances - et mon programme de lecture - n'en soient quelque peu modifiés !

Pensez donc  !

Outre Roméo et Juliette et Le Guépard, que je connais maintenant par coeur, il faut que je découvre, lise, travaille, approfondisse :

- Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos  et le film Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears ( version de 1988) dont je dois me procurer le DVD  auprès des Ateliers de Difusion Audiovisuelle à Paris ( 41 rue des Envierges , précise le B.O.  ) pour la modique somme de 93.99 euros plus les frais de port ( note de service n° 2008-068 du 22 05 2008 !)
Autant vous dire que si quelqu'un peut me filer une copie, j'irai peut-être préparer mes cours en prison, mais ça m'arrangera bien à tous points de vue.

Je dois lire aussi :
Les Liaisons dangereuses de Christopher Hampton ( Actes Sud )
Le scénario de Stephen Frears (Jade-Flammarion)
L' Avant-scène cinéma n° 498
Positif d'avril 1989
 Les Cahiers du cinéma n° 417, 185 et 186
André Bazin : Qu'est-ce que le cinéma ? Pour un cinéma impur. Défense de l'adaptation ( Le Cerf)
Septième art

Et je dois voir : Les Liaisons dangereuses de Vadim et Valmont de Milos Forman.

Ca tombe bien, j'avais justement envie de relire Les Liaisons dangereuses même si j'appréhende un peu : ce n'est pas un livre innocent .

J'ai aussi au programme Les Pensées de Blaise Pascal : édition imposée : folio n° 4054 !

Une bagatelle ! Et ça tombe bien également : pas plus tard qu'hier, je vous parlais du jansénisme , de la Grâce et de Saint Augustin ! J'avais oublié Pascal ! Heureusement, l'Education Nationale veille.

Un aveu ? - je ne connais RIEN à Pascal ! ... un gouffre culturel !

Ca a dû se savoir en haut lieu ...

Mais ouf ! Je suis sauvée !


par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Samedi 14 juin 2008
Lors de nos derniers cours, avec les Premières S 2, nous avons abordé à plusieurs reprises la notion de la Grâce.

Curieusement, et comme toujours, à propos de textes plutôt anticléricaux ou anti-religieux -il est remarquable de constater combien les athées et les anticléricaux sont ceux qui parlent le plus savamment des fondements de la théologie - .
En l'occurence, il s'agissait de textes de Voltaire, Montesquieu, Diderot, Dumarsais, dans un groupement sur les Philosophes du XVIII ème siècle.

Pas facile à saisir, pour des jeunes du XXI ème siècle, la notion de la Grâce , les Jansénistes, Saint Augustin, "et tout ça " ! diraient-ils .
Pas facile à expliquer, pour moi, prof qui se veut honnête et résolument "laïque" dans une institution aux réactions intégristes où il est plus facile de parler de sexe que de foi .

Mais à ma grande surprise, ils semblaient plutôt sincèrement intéressés et beaucoup sont revenus me voir après le cours afin d'obtenir des précisions.
Ca leur semblait important : qui décide ? de quoi ? qui est "sauvé" ? comment ? pourquoi ?
J'essayais de découvrir ce qui LES préoccupait au coeur de ces questions ...
Je crois que c'est plutôt la notion de responsablilité.
Qui est responsable ? De quoi suis-je responsable ? Dans quelle mesure ?
Et la question de la Liberté, fondamentale chez les adolescents.

Cette question de la Grâce me trotte dans la tête, où elle se lie à celle de ce que j'appelle "bénédiction".

Que ce soit pour le ménage, les surveillances de bac, ma future descente à Aubagne ou même la correction des copies, j'ai la chance de bénéficier d'un heureux caractère joyeux qui me permet de voir le monde à travers des lunettes roses, d' être -presque- toujours contente et enthousiaste, et de croire très fort en "ma bonne étoile", Dieu, ou mon Ange gardien.

Le ménage ? On le fera en musique.
Les surveillances ?  Chic, je vais pouvoir lire !
Aubagne ? Je serai ravie de dormir dans ma petite tente, de faire chauffer mon eau sur le butagaz pour le café et de découvrir une jolie région et de trouver un joli petit appartement pour les enfants.
Les copies ? Ca me permettra de m'asseoir un peu et de lire des tas de choses intéressantes ou rigolotes.

Et les jours de doute, il y a toujours quelqu'un pour me rappeler à l'ordre : "Ton Dieu ne t'a encore jamais lâchée, n'est-ce pas ? Alors, vas-y ! "

Moi, j'appelle cela, la Grâce, ou  Bénédiction .
Je n'y suis pour rien.
C'est comme ça.
Là, on est en plein Saint Augustin ou en pleine doctrine janséniste : c'est donné ! c'est ainsi.
Je ne sais pas pourquoi ni comment, et, désolée, je m'excuse auprès de ceux qui ne l'ont pas, je voudrais bien leur en donner un bout, je trouve injuste d'en bénéficier.
Dieu serait-il injuste ?
Si profondément injuste ?

"C'est pas juste"
"C'est trop injuste".
Ces mots de révolte me viennent et me reviennent également en ce moment sur un tout autre sujet, beaucoup plus grave. Beaucoup plus lourd, dont je ne vous parle jamais qu'à mots couverts, parce qu'il s'agit de la vie d'autrui.
Je connais au moins deux femmes, jeunes, mères de famille, qui luttent de toutes leurs forces contre la maladie.
J'entends, et je me dis , et on me dit : "Et ton Dieu, dans tout ça, il fait quoi ? Il est où ?"
Je pense à ce que disait , je crois,  Elie Wiesel : " Dieu, il est au bout de la corde."

Car les mêmes qui m'interrogent sur "mon" Dieu injuste, inhumain, cruel sont les mêmes qui disent aussi, à propos de ces deux femmes courageuses  :
"Mais où trouve-t-elle ce courage ?"
"Comment elle fait pour rester aussi souriante ?"
" Mais commment supporte-t-elle tout ça ?"
"Cette force de se battre, c'est pas croyable ! "
"Moi, à sa place, je ne pourrais pas ..."

Et bien "cela", "ce courage", "ça", "tout ça", "cette force" , moi, je l'appelle "Grâce", "Bénédiction", c'est ce que j'appelle "Dieu" .

par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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Jeudi 12 juin 2008

55 commentaires après "Berthe Morisot", déjà 18 à propos du tournoi de babyfoot , ce blog deviendrait-il "le dernier salon où l'on cause" ? après, peut-être, celui de Martine ?

Cela m'amuse et me surprend.

Ce qui m'étonne surtout,c'est l'arrivée de "petits nouveaux" que je ne connais pas :  Neko, une Blonde mystérieuse, Darius Hypérion ... qui me paraissent tout plein intéressants.

Je place d'ailleurs un lien vers le site de Darius qui me semble une mine de connaissances et de rigueur en matière de versification et autres règles poétiques ...

Je vous dois deux aveux,  Darius : je n'aime pas Lecomte de Lisle et quoi que vous fassiez ou disiez, vous ne réussirez pas à faire tomber Baudelaire de mon piédestal.

Certes, je suis parfois fort distraite - au point de ne plus voir la disposition des rimes dans les quatrains du "sonnet en -yx" de Mallarmé - mais si j'aime à rappeler les règles de la poésie (qu'il faut connaître) je suis absolument persuadée que l'affranchissement assumé des règles connues et intégrées est parfois plus intéressant que le respect servile.

Là, on touche à la subjectivité du goût de chacun : personnellement, ce que j'aime par dessus tout, c'est l'imperfection.

Sur une oeuvre d'art comme sur un être humain, je suis toujours infiniment plus touchée par les cicatrices, les imperfections, les blessures, les erreurs, les doutes, les défauts que par la froide perfection.
(N'est-ce pas, Marianne, ne t'ai-je pas appris très tôt le mot "bellâtre" ? )

Certes, elle est en marbre, la Vénus de Milo, mais l'aimerais-je autant si elle avait encore  ses deux bras ?

par Wondermaman publié dans : Attention ! danger ! tendance intello !
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