J'ai appris à aimer le vent en Avignon.
C'est une vieille Avignonaise qui m'a donné la clé.
Avant, je n'aimais pas le vent.
Mon premier mistral, glacée dans la cour d'honneur, j'ai eu froid.
Maintenant j'apprends à m'ouvrir au vent.
La vieille dame m'avait dit : "Le mistral, ici, c'est une bénédiction. Sans lui, on crèverait."
C'est vrai.
Je l'ai apprivoisé.
La rafale passe, fraîchit mes joues, soulève ma robe - juste un peu, juste ce qu'il faut. Je ne me raidis pas. Je m'offre au vent qui rafraîchit comme au soleil.
Il fait si chaud.
Un jour, Marianne m'a dit : "Ici, on marche à l'ombre."
Moi, je choisis toujours le trottoir au soleil - et j'attends que le vent souffle.
Le mistral est mon éventail.
Je suis le vent.