Je vous l' avais promis, voici un article sur ma grande copine Olympe de Gouges, effectivement peu connue, hélas, reléguée soigneusement dans l' oubli parce que femme, pensante, trop
humaniste et trop en avance sur son temps, ça faisait beaucoup, suffisamment trop pour qu' elle soit guillotinée le 3 novembre 1793, grâce à Robespierre qui ne pouvait en supporter autant .
Elle avait 45 ans .
Olympe de Gouges est née en 1748, à 17 ans, elle est veuve et mère d'un petit garçon ... elle prend alors le pseudonyme d' Olympe de Gouges ( son mari n' était que "Gouze"
et la particule, ça faisait mieux , quand même ... personnellement, j' aime bien un certain snobisme...)
Elle monte alors à Paris, se trouve un riche amant - qu' elle refusera toujours d' épouser ( pourtant, il s' appelait Jacques Biétrix de Rosières ! ) mais elle avait pris goût à sa
liberté.
A partir de 1786, elle s' engage contre l' esclavage, contre la peine de mort - c'est ce qui lui vaudra la guillotine : elle s' était opposée à l' exécution de Louis XVI - . Féministe, pacifiste
, elle s' insurge contre la misère, contre le racisme, lutte pour les droits des personnes âgées, des veuves, comme une autre de mes copines, sainte Françoise
Romaine .
Elle écrit en 1791 La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne dont je vous recopie quelques extraits bien connus de mes élèves qui présentent ce texte au bac cette
année :
" Homme, es-tu capable d' être juste ? C 'est une femme qui t' en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit . Dis-moi ? qui t ' a donné le souverain empire d' opprimer mon sexe ?
ta force ? tes talents ? (...) Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de lumières et de sagacité, dans l' ignorance la plus crasse, l' homme veut commander en
despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés intellectuelles (...)
Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation , demandent à être constituées en assemblée nationale. Considérant que l' ignorance, l' oubli ou le mépris des droits de la femme
sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, elles ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la
femme (...)
En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l' Etre suprême, les Droits suivants de
la Femme et de la Citoyenne ..."
( petite précision utile pour les hommes : " être suprême", ici, signifie "Dieu" et non pas "être masculin"...)
"La femme naît libre et demeure égale à l' homme en droits (...) Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales ; la femme a le droit de monter sur l' échafaud, elle doit avoir
également celui de monter à la Tribune ..."
Une telle insolence ne pouvait que la conduire, non pas à ladite tribune, mais bien à l' échafaud ! A méditer ...
2007-06-15T12:05:00+02:00
Olympe de Gouges
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