Ma chatte Léa sait que j' aime les oiseaux. Elle le sait car elle m' aime beaucoup - et c' est plus que
réciproque : Léa et moi, on s' est trouvées, on est pareilles -, et elle a remarqué que je n' apprécie pas qu' elle tue les oiseaux . Comme elle m' aime beaucoup, elle me fait souvent des cadeaux. Et comme elle est très intelligente, elle a compris depuis longtemps que l' offrande d' une souris, qu' elle me ramène au matin et pousse doucement du museau à mes pieds , est bien reçue : je remercie, je caresse, je manifeste ma reconnaissance pour ce cadeau de grande valeur car il lui a coûté doublement, à chasser et à consentir à le donner. Ce n' est pas que je ne sois pas un peu triste pour la souris, mais j' ai admis qu' un chat est un chat et qu' on ne peut pas lui demander de respecter la vie des souris. Et puis, elle fait son travail de chat et sauvegarde ainsi nos greniers. De son côté, Léa a fait l' effort de comprendre qu' une humaine est une humaine et qu' on ne peut pas lui demander d' accepter la mort des oiseaux .
Ce matin, j' étais dans la pièce dite "chambre à l' ordinateur" lorsque Léa m' apporte un petit oiseau, tout doucement, le dépose et s' écarte . Très étonnée, je constate aussitôt que l' oiseau est en parfaite santé, pas blessé le moins du monde, Léa l' a transporté délicatement dans sa gueule et me l' a offert vivant et en parfait état . De plus, il ne s ' agit pas d 'un moineau ou autre piaf, c' est un mandarin, un joli petit mandarin mâle tout à fait familier et apprivoisé, qui n' a pas du tout peur de moi et me regarde en inclinant sa tête d' un côté, puis de l' autre.
Immédiatement, l' opération "Sauvetage" est lancée : je ferme hermétiquement la chambre à l' ordinateur et vais chercher Jean-Pierre, qui arrive en s' exclamant : " Ah non ! ah non ! pas d' oiseau dans la maison, on a déjà 3 chats, les animaux, ça suffit comme ça ! " ... puis il va chercher une vieille cage au grenier, la nettoie soigneusement et Napoléon accepte de prêter un peu de son stock de litière . Je monte la cage dans la chambre à l' ordinateur avec l' intention d' attraper le mandarin pour l' installer dans la cage. Mais là, c' est une tout autre affaire : pas moyen d' attraper l' oiseau. je pense même un instant appeler Léa à l' aide, mais je me ravise : il ne faut pas pousser trop loin son sens de l' abnégation et de l' amour humain... un oiseau reste un oiseau ... Je remarque alors que le petit mandarin ne semble pas affolé du tout et que la cage l' intéresse beaucoup.
Jean-Pierre proteste toujours avec énergie qu' on " avait bien besoin de ça !" ... et part acheter des graines. Nous remplissons les mangeoires de graines, laissons la cage grande ouverte et la pièce bien fermée , et, quelques minutes plus tard, lorsque je reviens voir ce qui se passe ... le mandarin est dans la cage à picorer et il ne me reste qu' à fermer tranquillement la cage.
Jean-Pierre affirme que : " De toutes façons, on ne va pas le garder, on va l' amener chez le marchand d' animaux à Bricomarché .... " ... et installe un système de poulies astucieux afin que nous suspendions la cage dans la cuisine , à l' abri des griffes félines . Pure précaution car Napoléon n' a rien remarqué et Grisette, qui ne comprend pas tout, mais veut aussi être félicitée quand-même ... a décidé de me faire, elle aussi, un cadeau et me ramène une magnifique araignée...
Voilà ! A l' heure qu' il est, le mandarin chante joyeusement dans la cuisine, Napoléon fait la sieste avec Jean-Pierre, Léa, repue de fierté, ronronne sur le lit de Marianne et Grisette est partie me chercher une autre araignée...
Jean-Pierre a fait remarquer qu' " il est drôlement intelligent, cet oiseau, pour être venu droit dans la seule maison de Saint Amand où il y a déjà une cage , et une famille accueillante, prête à offrir gîte, couvert, affection et même vétérinaire en cas de nécessité ! "
Moi, je pense que depuis que Kouchner s' occupe du Darfour et Cécilia Sarkozy des infirmières bulgares, le Bon Dieu doit s 'ennuyer un peu et qu' il lit sûrement mon blog de temps en temps : mes pages d' hier sur la responsabilité n' ont pas dû échapper à sa sagacité : " Dans la pratique, je suis responsable de celui qui relève de ma sphère d' action ( par hasard ou par mon choix ) et d' autant plus qu' il est vulnérable "... Il s' est dit : " Tiens tiens ... On va la prendre au mot ..." Facétieux, le Bon Dieu !
Je profite donc de l' audience du blog pour lancer un appel : qui veut adopter un joli petit mâle mandarin intelligent, gai, familier et affectueux, déjà tout installé dans une jolie petite vieille cage ?