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2007-08-23T16:52:00+02:00

" A la mystérieuse" . Robert Desnos.

Publié par Wondermaman

Au cours d 'une longue et intéressante conversation, il y a quelques jours, je faisais référence à un poème de Desnos "A la mystérieuse. J' ai tant rêvé de toi." . Vous savez que j' aime beaucoup les surréalistes, et Breton et Desnos en particulier, alors, j' ai bien envie, en ce soir pluvieux, de partager ce poème avec vous :

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d' atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance qui m' est chère ? 
J' ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l' apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.
Ô balances sentimentales.
J' ai tant rêvé de toi qu' il n' est plus temps sans doute que je m' éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l' amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venus.
J' ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu' il ne me reste plus peut-être , et pourtant, qu' à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l' ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.





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commentaires
P
Moi Robert Desnos ça me fait plutôt penser à ce poème que j'avais appris à l'école primaire, et qui fait parti du peu que j'ai retenu sans problème jusqu'à maintenant!!!(je l'adore hihihi)Une fourmi de dix-huit mètresAvec un chapeau sur la tête,Ça n'existe pas, ça n'existe pas.Une fourmi traînant un charPlein de pingouins et de canards,Ça n'existe pas, ça n'existe pas.Une fourmi parlant français,Parlant latin et javanais,Ça n'existe pas, ça n'existe pas.Eh ! Pourquoi pas ?
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V
Il semble que la journée du 23 août ait été celle de la poésie ! J'ai moi-même publié un poème hier sur mon blog et Péroline en a ajouté un en commentaire. Si ça vous intéresse, je vous invite cordialement à venir les lire.Bises à Martine et Maryline... que je ne connait pas encore.
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M
Ddans cette grisaille qui nous entoure....c'est beau...ooooooooo
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M
ça m'a donné envie de vous en faire lire un autre, que j'aime beaucoup:Toutes les choses au hasardTous les mots dits sans y penserEt qui sont pris comme ils sont ditsEt nul n'y perd et nul n' y gagneLes sentiments à la dériveEt l'effort le plus quotidienLe vague souvenir des songesL'avenir en butte à demainLes mots concés dans un enferDe roues usées de lignes mortesDe choses grises et senblablesLes hommes tournant dans le ventMuscles voyants squelette intimeEt la vapeur des sentimentsLe coeur réglé comme un cercueilLes espoirs réduits à néant.                *****Tu es venue l'après-midi crevait la terreEt la terre et les hommes ont changé de sensEt je me suis trouvé réglé comme un aimantRéglé comme une vigneA l'infini notre chemin le but des autresDes abeilles volaient futures de leur mielEt j'ai multiplié mes désirs de lumièrePour en comprendre la raisonTu es venue j'étais très triste j'ai dit ouiC'est à partir de toi que j'ai dit oui au mondePetite fille je t'aimais comme un garçonNe peut aimer que son enfanceAvec la force d'un passé très loin très purAvec le feu d'une chanson sans fausse noteLa pierre intacte et le courant furtif du sang Dans la gorge et les lèvresTu es venue le voeu de vivre avait un corpsIl creusait la nuit lourde il caressait les ombresPour dissoudre leur boue et fondre leurs glaçonsComme un oeil qui voit clairL'herbe fine figeait le vol des hirondellesEt l'automne pesait dans le sac des ténèbresTu es venue les rives libéraient le fleuvePour le mener jusqu'à la merTu es venue plus haute au fond de ma douleurQue l'arbre séparé de la forêt sans airEt le cri du chagrin du doute s'est briséDevant le jour de notre amourGloire l'ombre et la honte ont cédé au soleilLe poids s'est allégé le fardeau s'est fait rireGloire le souterrain est devenu sommetLa misère s'est effacéeLa place d'habitude où je m'abêtissaisLe couloir sans réveil l'impasse et la fatigueSe sont mis à briller d'un feu battant des mainsL'éternité s'est dépliéeÔ toi mon agitée et ma calme penséeMon silence sonore et mon écho secretMon aveugle voyante et ma vue dépasséeJe n'ai plus eu que ta présenceTu m'as ouvert de ta confiance.                                                                            Paul Eluard
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