Bonjour ! me voilà enfin de retour !
Et pour moi, cette année, c' est Pâques avant Noël puisque me voilà ressuscitée ... grâce à la technique médicale moderne et aux neuro-chirurgiens qui prêtent leurs mains à Dieu.
Vous vous souvenez probablement de ma chute ? ( voir blog articles des 20 21 22 octobre.) Et bien figurez-vous que je ne m' étais pas vraiment remise, et depuis quelques temps, j' avais de plus en plus mal à la tête, de plus en plus souvent, de plus en plus fort, et puis je me sentais vraiment très très très fatiguée, et puis j' ai commencé à faire des bétises : perdre ma carte bancaire, ma plus grande occupation était de passer mon temps à chercher ce que j' avais perdu, pour le reperdre 5 mn plus tard ... Ca ne m' a pas vraiment affolée, je suis d' une nature plutôt distraite, mais quand même... Et puis je me suis mise à avoir la nausée en permanence.
A Paris, l' autre week-end, j' étais incapable de prendre des décisions, molle, hésitante. Les enfants étaient très inquiets, ils disaient : " Ou bien maman ne supporte pas la campagne de papa ? " , "Ou bien maman fait une dépression ? " " Ou bien c'est du surmenage ?" " Ou bien c'est depuis ta chute ?"
Je ne suis pas une nature dépressive ; la campagne,c'est dur, mais Jean-Pierre et moi, on en a vu d'autres ! Surmenage ? une fin de trimestre, c' est une fin de trimestre...
En nous raccompagnant au train, Marianne pleurait: "Prends bien soin de toi maman."
Deux personnes m' ont "sauvé la vie " . La dame de la sous-préfecture qui a téléphoné en me demandant pourquoi j' avais posté à la sous-préfecture un chèque destiné à la Société Générale et ma copine Maryline qui me téléphone, inquiète, aussitôt après et me dit : " Maintenant,ça suffit, tu appelles immédiatement ton médecin ." C'était jeudi , je venais de perdre ma voiture et de m' acheter un manteau d'homme trois fois trop grand pour moi. Je n' avais aucun souvenir d' être allée à la sous-préfecture.
Mon bon docteur Parquet ( "Mon docteur il est beau !" °) m' a reçue dès vendredi matin, accompagnée par Jean-Pierre car je ne pouvais plus conduire. Il m' a à peine examinée ( pourtant, "le moment que j'préfère, c'est quand il me fait passer derrière..." °)
Il a dit : "Directement aux urgences neurologiques à Bourges" et m' a fait un mot. ( il ne m' a même pas fait déshabiller ni allonger ! )
On est partis. A Bourges, le médecin urgentiste m' a à peine jeté un regard et a dit : "Faites allonger cette dame tout de suite, elle est trop calme, et scanner cérébral immédiat ".
Au scanner, ils n' ont "rien le droit de dire au malade" ... mais on entend tout ce qu' ils se disent entre eux . J' ai très bien entendu : " Il y a une grosse tache, là".
Ensuite, c'était comme dans Urgences, tout le monde courait partout, je me suis retrouvée perfusée et chargée dans le SMUR avec un très gentil médecin du SAMU à côté de moi qui passait son temps à me demander le jour, la date, l' année, mon adresse ...Comme j' étais très déçue qu' on ne me transfère pas en hélicoptère, il a dit : " Ca vous tuerait, la pression."
Et c'est ainsi que je me suis retrouvée à l' hôpiral Bretonneau au bloc opératoire en neuro-chirurgie.
Le neuro-chirurgien, un gamin, on aurait dit Houcine ! si jeune ! je lui ai dit : "Vous pourriez être mon fils !" . Alors on a mis les choses au point lui et moi :
1. Pas raser mes cheveux ( je suis coquette ) ou je me fais acheter un voile islamique. Il a à peine rasé un petit rectangle.
2. Je ressors intacte ou morte, mais pas tétraplégique, et là, j' avais un argument de poids, je lui sors ma carte de don d' organes, consciente d' être le sujet idéal ( tellement idéal que, l' espace d' un instant, j' ai regretté : ça pouvait être trop tentant ). Il a dit : " On n' en est pas encore à récupérer les pièces détachées mais là, on y va, parce que dans un quart d' heure, je ne vous promets plus rien."
Et on y a été.
Opération parfaite : l'hématome faisait 2 cm , il ne reste que 14 agrafes et un fil que les infirmiers m' enlèveront mardi matin.
A 10 heures du soir, j' envoyais des SMS à tout le monde : "je vais bien".
La suite n' a pas été toute rose, j' ai, depuis l' intervention, des problèmes de pression du liquide céphalo-rachidien qu' on a du mal à résoudre.
Lorsqu'on m' a enlevé le drain, mercredi, j' ai mal réagi à la morphine ( on saura que si je deviens toxico un jour, ce ne sera pas à ça, par contre, l' opium, je ne dis pas...)
Je suis rentrée à la maison jeudi après-midi. Depuis, je suis un mollusque douloureux, très lent . Je souffre beaucoup, il paraît que ça fait comme une méningite. J' ai dû rappeler mon docteur Parquet ( " il frotte son stéthoscope sous mon chemisier pour le faire glisser, collé sur ma peau . " ° ) Il a rappelé à Tours et ils ont changé mon traitement : me voilà pour un mois à la cortisone, et ça va déjà un peu mieux . La preuve, c' est que je suis devant cet ordinateur à vous raconter mes petits malheurs, luminosité de l' écran réduite à l' extrème, lunettes noires sur les yeux . Mais je suis là.
Et je vais avoir plein de choses à vous raconter, j' ai fait de l' ethnologie hospitalière et des expériences curieuses sur le fonctionnement du cerveau. Je vous raconterai tout cela dans les prochains jours . De quoi vous barber un max! Mais bon, je suis revenue ! Et je réapprends à me servir de l' ordinateur .
La preuve !
Finies , pour vous, les vacances !
° toutes les citations sont d'Amelie-les-crayons .
Et pour moi, cette année, c' est Pâques avant Noël puisque me voilà ressuscitée ... grâce à la technique médicale moderne et aux neuro-chirurgiens qui prêtent leurs mains à Dieu.
Vous vous souvenez probablement de ma chute ? ( voir blog articles des 20 21 22 octobre.) Et bien figurez-vous que je ne m' étais pas vraiment remise, et depuis quelques temps, j' avais de plus en plus mal à la tête, de plus en plus souvent, de plus en plus fort, et puis je me sentais vraiment très très très fatiguée, et puis j' ai commencé à faire des bétises : perdre ma carte bancaire, ma plus grande occupation était de passer mon temps à chercher ce que j' avais perdu, pour le reperdre 5 mn plus tard ... Ca ne m' a pas vraiment affolée, je suis d' une nature plutôt distraite, mais quand même... Et puis je me suis mise à avoir la nausée en permanence.
A Paris, l' autre week-end, j' étais incapable de prendre des décisions, molle, hésitante. Les enfants étaient très inquiets, ils disaient : " Ou bien maman ne supporte pas la campagne de papa ? " , "Ou bien maman fait une dépression ? " " Ou bien c'est du surmenage ?" " Ou bien c'est depuis ta chute ?"
Je ne suis pas une nature dépressive ; la campagne,c'est dur, mais Jean-Pierre et moi, on en a vu d'autres ! Surmenage ? une fin de trimestre, c' est une fin de trimestre...
En nous raccompagnant au train, Marianne pleurait: "Prends bien soin de toi maman."
Deux personnes m' ont "sauvé la vie " . La dame de la sous-préfecture qui a téléphoné en me demandant pourquoi j' avais posté à la sous-préfecture un chèque destiné à la Société Générale et ma copine Maryline qui me téléphone, inquiète, aussitôt après et me dit : " Maintenant,ça suffit, tu appelles immédiatement ton médecin ." C'était jeudi , je venais de perdre ma voiture et de m' acheter un manteau d'homme trois fois trop grand pour moi. Je n' avais aucun souvenir d' être allée à la sous-préfecture.
Mon bon docteur Parquet ( "Mon docteur il est beau !" °) m' a reçue dès vendredi matin, accompagnée par Jean-Pierre car je ne pouvais plus conduire. Il m' a à peine examinée ( pourtant, "le moment que j'préfère, c'est quand il me fait passer derrière..." °)
Il a dit : "Directement aux urgences neurologiques à Bourges" et m' a fait un mot. ( il ne m' a même pas fait déshabiller ni allonger ! )
On est partis. A Bourges, le médecin urgentiste m' a à peine jeté un regard et a dit : "Faites allonger cette dame tout de suite, elle est trop calme, et scanner cérébral immédiat ".
Au scanner, ils n' ont "rien le droit de dire au malade" ... mais on entend tout ce qu' ils se disent entre eux . J' ai très bien entendu : " Il y a une grosse tache, là".
Ensuite, c'était comme dans Urgences, tout le monde courait partout, je me suis retrouvée perfusée et chargée dans le SMUR avec un très gentil médecin du SAMU à côté de moi qui passait son temps à me demander le jour, la date, l' année, mon adresse ...Comme j' étais très déçue qu' on ne me transfère pas en hélicoptère, il a dit : " Ca vous tuerait, la pression."
Et c'est ainsi que je me suis retrouvée à l' hôpiral Bretonneau au bloc opératoire en neuro-chirurgie.
Le neuro-chirurgien, un gamin, on aurait dit Houcine ! si jeune ! je lui ai dit : "Vous pourriez être mon fils !" . Alors on a mis les choses au point lui et moi :
1. Pas raser mes cheveux ( je suis coquette ) ou je me fais acheter un voile islamique. Il a à peine rasé un petit rectangle.
2. Je ressors intacte ou morte, mais pas tétraplégique, et là, j' avais un argument de poids, je lui sors ma carte de don d' organes, consciente d' être le sujet idéal ( tellement idéal que, l' espace d' un instant, j' ai regretté : ça pouvait être trop tentant ). Il a dit : " On n' en est pas encore à récupérer les pièces détachées mais là, on y va, parce que dans un quart d' heure, je ne vous promets plus rien."
Et on y a été.
Opération parfaite : l'hématome faisait 2 cm , il ne reste que 14 agrafes et un fil que les infirmiers m' enlèveront mardi matin.
A 10 heures du soir, j' envoyais des SMS à tout le monde : "je vais bien".
La suite n' a pas été toute rose, j' ai, depuis l' intervention, des problèmes de pression du liquide céphalo-rachidien qu' on a du mal à résoudre.
Lorsqu'on m' a enlevé le drain, mercredi, j' ai mal réagi à la morphine ( on saura que si je deviens toxico un jour, ce ne sera pas à ça, par contre, l' opium, je ne dis pas...)
Je suis rentrée à la maison jeudi après-midi. Depuis, je suis un mollusque douloureux, très lent . Je souffre beaucoup, il paraît que ça fait comme une méningite. J' ai dû rappeler mon docteur Parquet ( " il frotte son stéthoscope sous mon chemisier pour le faire glisser, collé sur ma peau . " ° ) Il a rappelé à Tours et ils ont changé mon traitement : me voilà pour un mois à la cortisone, et ça va déjà un peu mieux . La preuve, c' est que je suis devant cet ordinateur à vous raconter mes petits malheurs, luminosité de l' écran réduite à l' extrème, lunettes noires sur les yeux . Mais je suis là.
Et je vais avoir plein de choses à vous raconter, j' ai fait de l' ethnologie hospitalière et des expériences curieuses sur le fonctionnement du cerveau. Je vous raconterai tout cela dans les prochains jours . De quoi vous barber un max! Mais bon, je suis revenue ! Et je réapprends à me servir de l' ordinateur .
La preuve !
Finies , pour vous, les vacances !
° toutes les citations sont d'Amelie-les-crayons .