Félicitations à Marianne et à Matthieu,décidément très en forme en ce début d'année : il s'gissait bien du King, Elvis Presley, dans notre premier
filiku de 2008 !
A propos d' année nouvelle, avant hier, j' écoutais, traditionnellement, comme chaque Premier Janvier qui se respecte, le concert du Nouvel An, à la télévision ( j' avais renoncé à la quadriphonie car cette année, un léger différé entre France 2 et France Musique ne le permettait pas ). Donc, j' écoutais ce concert et, avant la Marche de Radetzky qui clôt toujours ce grand moment, les musiciens ont joué Le beau Danube bleu, valse célébrissime, valse culte pour moi qui ne puis voir, en bonne Tzigane, le Danube sans verser des torrents de larmes - pour l' alimenter ? -
Ce morceau m' évoquait deux souvenirs : le premier retour de ma grand-mère en Slovaquie, après plus de 40 ans d' absence. Sur le pont qui traverse le Danube, à la sortie de Vienne, en direction de Bratislava, elle avait arrêté la voiture, au beau milieu du pont, aveuglée par les larmes, nous étions descendues et nous avions sangloté, sous l' oeil ahuri et furieux des automobilistes qui estimaient, à juste titre que nous étions des dangers publics, parce qu' elle retrouvait le Danube et que je le voyais pour la première fois.
Le deuxième souvenir est plus amusant. Je devais avoir 3 ou 4 ans, j' étais en vacances chez ma grand-mère ( la maternelle, cette fois ) et les dimanches après-midi, elle m' emmenait au Casino de Royat entendre l'orchestre des Vininski . J' aimais déjà beaucoup la musique, et en sirotant ma " limonade-grenadine ", j' écoutais sagement. J' étais ( déjà !) amoureuse du premier violon nommé Maurice, que j' appelais "mon Maurice musicien". Ce jour-là, l' orchestre jouait Le beau Danube bleu et Maurice, joyeux bon vivant, s' amusait à scander le refrain d' un vibrant : "l'orchestre a soif ! ". Dans la salle, le public, compassé, ne bronchait pas. Mais une petite fille de 3 ou 4 ans avait compris et s' indignait intérieurement qu' on laissât ce pauvre musicien se déssécher. Je pris mon verre de grenadine et traversai toute la salle jusqu' à l' orchestre pour offrir ma " limonade-grenadine" à l'orchestre. Au beau milieu de la salle, je pris soudain conscience de tous ces regards fixés sur moi , toute seule au milieu, avec mon verre de grenadine à la main, et ... je fis pipi dans ma culotte d' émotion ... devant tout le monde !
Cette histoire fut, comme vous le pensez, beaucoup racontée dans la famille , provoquant réactions amusées ou scandalisées ( "Cette gamine nous les fera toutes !" ) mais je m'en souviens aussi de l'intérieur de moi-même ...
Plus de 40 ans après, je crois que je n' ai pas changé.
A propos d' année nouvelle, avant hier, j' écoutais, traditionnellement, comme chaque Premier Janvier qui se respecte, le concert du Nouvel An, à la télévision ( j' avais renoncé à la quadriphonie car cette année, un léger différé entre France 2 et France Musique ne le permettait pas ). Donc, j' écoutais ce concert et, avant la Marche de Radetzky qui clôt toujours ce grand moment, les musiciens ont joué Le beau Danube bleu, valse célébrissime, valse culte pour moi qui ne puis voir, en bonne Tzigane, le Danube sans verser des torrents de larmes - pour l' alimenter ? -
Ce morceau m' évoquait deux souvenirs : le premier retour de ma grand-mère en Slovaquie, après plus de 40 ans d' absence. Sur le pont qui traverse le Danube, à la sortie de Vienne, en direction de Bratislava, elle avait arrêté la voiture, au beau milieu du pont, aveuglée par les larmes, nous étions descendues et nous avions sangloté, sous l' oeil ahuri et furieux des automobilistes qui estimaient, à juste titre que nous étions des dangers publics, parce qu' elle retrouvait le Danube et que je le voyais pour la première fois.
Le deuxième souvenir est plus amusant. Je devais avoir 3 ou 4 ans, j' étais en vacances chez ma grand-mère ( la maternelle, cette fois ) et les dimanches après-midi, elle m' emmenait au Casino de Royat entendre l'orchestre des Vininski . J' aimais déjà beaucoup la musique, et en sirotant ma " limonade-grenadine ", j' écoutais sagement. J' étais ( déjà !) amoureuse du premier violon nommé Maurice, que j' appelais "mon Maurice musicien". Ce jour-là, l' orchestre jouait Le beau Danube bleu et Maurice, joyeux bon vivant, s' amusait à scander le refrain d' un vibrant : "l'orchestre a soif ! ". Dans la salle, le public, compassé, ne bronchait pas. Mais une petite fille de 3 ou 4 ans avait compris et s' indignait intérieurement qu' on laissât ce pauvre musicien se déssécher. Je pris mon verre de grenadine et traversai toute la salle jusqu' à l' orchestre pour offrir ma " limonade-grenadine" à l'orchestre. Au beau milieu de la salle, je pris soudain conscience de tous ces regards fixés sur moi , toute seule au milieu, avec mon verre de grenadine à la main, et ... je fis pipi dans ma culotte d' émotion ... devant tout le monde !
Cette histoire fut, comme vous le pensez, beaucoup racontée dans la famille , provoquant réactions amusées ou scandalisées ( "Cette gamine nous les fera toutes !" ) mais je m'en souviens aussi de l'intérieur de moi-même ...
Plus de 40 ans après, je crois que je n' ai pas changé.