Non, Maryline, je n'ai pas oublié !
Les premiers émois des premières amours que nous évoque ton joli petit filiku me remémorent des poèmes de Victor Hugo, le meilleur spécialiste, à mon avis,de l'amour et le meilleur manuel d'
éducation sentimentale - voire même sexuelle - que je connaisse, et valable à tous les âges, puisque le père Totor, qui en connaissait un rayon ! ... et des ombres ! a vécu tant
d'amours de l' enfance jusqu'à sa mort, à 83 ans , c'est une mine !
Pensez donc, la légende rapporte qu' en plein hiver, âgé de plus de 75 ans, il allait se laver tout nu à la rivière à Guernesey , et que les villageoises se cachaient dans les joncs
pour l' admirer en cachette " tant il était bel homme " !
Encore un de mes grands amoureux, avec, je cite pêle mêle, mais vous les connaissez déjà, Robert Redford, John Wayne, Trintignant , Sean Connery, Nicolas de Staël, les grands coureurs
automobile François Sever, Steeve Mac Queene , Anne-Laure Liégeois ... et bien d' autres qui font battre mon coeur d'artichaut !
Donc, voici, pour illustrer le filiku de Maryline, un poème de Victor Hugo qu'il écrivit à l' âge de 41 ans, évoquant un amour de jeunesse. Je le fais très souvent étudier par mes élèves
, ils l'aiment beaucoup.
Bien sûr, je le connais par coeur !
Lise
J' avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et moi, j'étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j' attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m'asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.
Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu'il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu'il fut jadis des roses
?
Elle m'aimait. Je l'aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.
Dieu l'avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et, par moments, elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.
Puis j'étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, le balle et la toupie agile ;
J' étais tout fier d'apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout ; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général .
Quoiqu'on soit femme, il faut parfois qu'on lise
Dans le latin qu'on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l' église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche
Quand nous étions à vêpres le dimanche.
Elle disait de moi : C'est un enfant !
Je l'appelais mademoiselle Lise ;
Pour lui traduire un psaume , bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l' église ;
Si bien qu'un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.
Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l'aube et le matin du coeur.
Charmez l'enfant, extases inouïes !
Et, quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite évanouies !
2008-01-11T09:57:00+01:00
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu
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