Toute cette semaine, Jean-Pierre était à Aubagne, parti installer Marianne et Matthieu. Je n'avais donc pas de voiture et j'ai, le plus souvent,
pris, les matins, la navette "Pépita" qui "me monte" au lycée en 40 minutes après avoir fait le tour de Saint Amand.
Malgré une patience légendaire et une vieille habitude des longs trajets par les transports en commun, résultat de 20 ans de vie urbaine ! j'ai vite compris qu'il
me fallait trouver un truc pour agrémenter mon transport.
Le truc, ce fut le MP3 offert par Martine.
A Decazeville, j'avais expérimenté ses vertus protectrices contre les "agressions" du monde extérieur : Cali terrassant une marmonneuse de chapelet ... (cf billet du 30 août)
Me voici donc attendant la navette, devant l'hôpital, le MP3 rose Barbie résolument rivé dans les oreilles, à l'instar de nos "d'jeunes" sauf que ce n'est ni du rap, ni du métal qui hurle dans
mes oreilles, simplement Le Messie de Haendel.
Et bien, je peux vous dire que j'ai découvert le monde, ou, du moins, vu Saint Amand différemment.
Ca fait comme dans les films.
J'explique : dans la vie, vous voyez le monde, mais sans fond musical, dans les films, idem,mais sur fond musical.
Exemple (après 15 jours de cours, les réflexes pédagogiques fonctionnent ...) quand vous embrassez quelqu'un dans la vie, il n'y a pas toujours un fond musical - quoiqu'avec moi
...ou sauf dans votre tête ... - dans les films, si : violons !
Et bien là, dans la navette grâce au MP3, c'est comme dans les films !
J'ai découvert que le MP3 changeait le sens , donnait un sens nouveau à ce que je voyais .
Haendel face à l'hôpital, dans la rue Barbusse ou la descente du Tertre, un alleluia face à la Poste ou un sanctus devant la Cité de l'Or , ça donne du sens à ce que je
vois.
Intéressant, curieux, fabuleux .
J'ai renouvelé l'expérience chaque matin, et j'essaierai sur d'autres musiques et d'autres lieux.
Réflexions :
Avec du rap ou du métal dans les oreilles toute la journée, nos ados ne conditionnent-ils pas leur vision du monde ? Je comprends qu'ils le voient de plus en plus violent et qu'ils aient envie de
cogner.
Avec Le Messie, je regardais Saint Amand défiler dans la joie et la compassion.
Je songeais à Vincent Delerm: "Et je ne repense à elle, que sur Le Messie de Haendel" !
2008-09-14T05:52:00+02:00
Je suis une fille Deutsche Grammophen
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