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2008-10-12T06:33:00+02:00

Péro, Véro ... et moi

Publié par Wondermaman

Péroline, Véronique et moi, on s'est rencontrées aux "Agités du Bocage".

En fait, je connaissais déjà Péroline depuis longtemps : c'est une ancienne élève .

Lorsque j'ai vu - et entendu ! - chanter les "Agités" pour la première fois, à la "Carrosserie", ce fut le coup de foudre absolu  : en quelques minutes, je savais que je voulais les rejoindre.
Dans le groupe, nous étions - surtout Péroline et moi, les plus bavardes, les plus indisciplinées, et notre Chef vénérée déployait toute sa patience et  toute sa fermeté pour calmer nos rires et nous faire tenir tranquilles.

Je me suis demandé ce qui avait été si fort entre nous, pourquoi Péro, Véro et moi, nous nous étions "reconnues" immédiatement.

J'ai découvert depuis que nous avons , en fait, la même foi.
Je crois que nous avons toutes les trois  cette foi joyeuse, cette force à renverser les montagnes.

Les filles, je sais que vous interviendrez pour rectifier si je dis des bétises, mais je pense que toutes les trois,  nous avons le même Dieu : nous croyons en Dieu qui chante, et qui fait chanter la vie, ce Dieu des grands espaces qui a envoyé Péroline au Burkina et Véronique en mer et qui m'envoie sur les chemins de Compostelle ou me pousse à marcher vers l'inconnu.
Nous avons le Dieu des vastes horizons qui nous pousse à n'avoir peur de rien , ou de pas grand-chose. Nous nous sommes croisées à des enterrements, nous étions tristes, certes, mais nous n'avions pas peur de la mort, n'est-ce pas ?

Nous avons accompagné - et Péroline autrement plus que nous ! - des mourants et des malades, et nous pouvons entrer dans leur chambre avec le sourire, voire même, y semer le désordre et la joie, parce que nous ne craignons pas la maladie.
Ca n'empêche pas de s'effondrer en sortant, parfois, mais on y va.

Nous pouvons faire de la danse africaine, du tango argentin, des claquettes ou faire danser tout un mariage ou une maison de retraite , parce que nous n'avons pas peur . Cette parole du Christ est entrée en nous : "N'ayez pas peur."

Et nous n'avons pas peur, non plus, de dire  "non" quand il le faut et de ramer à contre-courant quand on l'estime juste, parce qu'on peut faire la fête sans se "bourrer la gueule " ou vivre tout un concert sans fumer un  joint, ou faire la fête toute la nuit sans prendre de cocaïne . Ce qui ne nous  empêche pas de cotoyer les fumeurs de joint, sans leur faire la morale, nous, on se tait, mais on se conduit comme on veut, et si on a décidé de ne pas boire ou de ne pas fumer, on ne boira pas. Libres. Grâce à Dieu, libres.

Ca ne veut pas dire qu'on soit des Saintes : que celle d'entre nous qui n'a jamais un peu trop bu ou poussé quelque bouchon un peu trop loin me jette la première pierre...
On est bavardes et moqueuses, oh oui ! mais l' homme ou la femme adultère, on ne les juge pas.

Pourquoi ?

Je pense que nous sommes du purs bons produits de Vatican II .

Nous avons raconté des bêtises dans les 2 cv des bonnes soeurs - " les banalités" , de Véronique - connu les mêmes confessions rigolotes - à 10 ans, j'étais déjà très "adultère" ! -  refait le monde à la JAC, la JOC ou avec des prêtres ouvriers. Nous avons fréquenté les Frères des Campagnes, les Dominicaines ou les Ursulines, nous avons même dansé au mariage de prêtres !
Nous avons brancardé à Lourdes, passé des nuits blanches avec des gamins en camp de ceci ou de cela, que c'en était même de la caricature de feu de bois et de pseudo-scoutisme ridicule. Mais toujours, je crois qu'on était capables d'en rire : oui, même de se moquer de nous-mêmes !

Je vous rassure, on n'est pas des Saintes : le doute, on connaît, les larmes, on connaît, les tourments des tentations et des faux-pas, on connaît, la souffrance, la nôtre et celle des autres, on connaît, et je crois même qu'on sait que le plus dur reste à venir.

A la messe, Péroline aime surtout chanter, enfants, nous aurions voulu courir partout et tester nos voix dans l'acoustique magique d'écho des églises. Véronique aimait donner et recevoir le geste de la paix du Christ. Moi, j'avais un faible pour la lecture de l'Evangile : c'était beau, ces textes !
Mais toutes, je sais que nous aimions aussi prier et pleurer.
Parce que nous rions tout le temps, mais on pleure tout le temps aussi.
Nos révoltes, nos élans , amoureux ou d'amour , filial, fraternel, maternel , notre solide appétit de vivre et de parcourir le monde, on l'a puisé là, dans cette foi.

Nos déceptions de l'Eglise ?
Elles sont , elles ont été grandes ! Nous avons rêvé d'un Pape africain, ou Sud-Américain, d'aménagements du célibat des prêtres, nous sommes, toutes les trois, je crois, capables de prôner le préservatif et la contraception, mais l'accueil des enfants aussi. La place des femmes dans l'Eglise, l'oecuménisme nous soucient plus que le dogme de l' Immaculée Conception, et je ne suis pas sûre que nous soyons toutes arrivées vierges au mariage ... Je suis même certaine que certaines d'entre nous peuvent être de redoutables "tombeuses" ... Mais je sais aussi que nous aimons de tout notre coeur et que nous sommes honnêtes et franches, et que nous prenons en compte l'autre, quel qu'il soit, et sa souffrance.

Voilà pourquoi, même si on est aux trois coins du monde, ça n'a pas vraiment d'importance.

Bon dimanche, les filles !

Et bon dimanche à vous tous, mécréants visiteurs de nos blogs !

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commentaires
P
A mon tour d'intervenir, je ne sais trop quoi dire, j'ai eu la chair de poule à la lecture de ton article. Comme toujours c'est si bien écrit...La tombeuse moi je sais qui c'est, en effet Véro tu n'a pas toujours été marié... (hihihi). Même de loin je pense à vous, je ne vous oublie pas. Je consulte vos blogs à chacun de mes passages sur le net. Et j'espère pouvoir vous faire partager "mon" Burkina!!Françoise tu as très bien résumé cette foi qui m'anime et c'est au Burkina que je me retrouve dans cette foi : avec ambiance : chant et danse à la messe, éclats de rire lors du sermon etc...!!Il faudra qu'on bloque au moins une semaine le jour ou on se retrouvera pour causer!!!Je vous embrasse, je pense à vous et vous me manquez, snif snif
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F
OUi, Véronique, non seulement j'ai une excellente mémoire, mais je me souviens toujours PARFAITEMENT  de tout ce que j'ai dit ou entendu lors des moments passées avec les personnes que j'aime,parce que TOUT est important, pour moi  hélas et tant mieux, je n'oublie presque jamais rien, et ça fait partie de ma fidélité !Pour ce qui est du mot "tombeuse" , tu n'as pas toujours été mariée, je crois ...Et même mariée et fidèle, tu restes la plus irrésistible d'entre nous ! "la plus charmeuse des Agités du bocage" , non ?
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V
Je reste sans voix à la lecture de cet article si synthétique. Tu te souviens de tout ce qu'on s'est dit? Je n'en reviens pas!Je suis aussi très touchée et fière de sentir vivre ce lien qui nous unit à travers tous les mots de cet article. J'ai souri à certaines de tes remarques (judicieuses?) notamment au sujet des tombeuses... Le mystère reste entier pour ceux qui lisent et ne nous connaissent pas. (ha! ha! ha!) Je rappelle néanmoins que je suis mariée avec un homme adorable, donc, vraisemblablment, il ne peut s'agir de moi ;-)Pour la sainteté, j'y réfléchis et je me dis qu'avec beaucoup de bonne volonté... ce sera quand même difficile. J'ai déjà du mal à appliquer les vertus dont tu nous parles chaque mercredi.Merci Françoise d'avoir l'audauce de déclamer ton amitié pour nous. Sache que la réciproque est vraie: je vous aime beaucoup toutes deux et vous me manquez.
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