Cette année, les Terminales L ont les Pensées de Pascal au programme et depuis le mois d'août, je travaille sur cet ouvrage
difficile et inachevé, et plus encore, depuis un mois, puisqu' après Shakespeare, nous avons "attaqué " Pascal.
Je vis donc avec Pascal, je m' éveille avec Pascal, je prends mon petit déjeuner avec Pascal, je dors avec Pascal, je lis Pascal, je relis Pascal, je me précipite sur toute biographie, tout "Profil" tout ouvrage critique sur Pascal, bref, je ne vis que pour lui et par lui avec lui et en lui, nageant en plein Jansénisme, méditant sur la Grâce du matin au soir ( et du soir au matin ) n' en émergeant que pour l' exercice des Vertus , ce qui me laisse de plus en plus à penser que je finirai au couvent ... si je n' y suis pas déjà ...
J' en sors un peu pour quelques escapades dans Durringer, Corneille - avec qui je passerai la soirée aujourd'hui - ou Delerm , en voiture ou dans la salle de bain. Mais globalement, c'est Pascal matin midi et soir ...
Et même pas tango puisque les réunions parents/profs m' en privent pour 15 jours ...( "feignasses de profs " ... )
A force, je me demande si ça ne finit pas par jouer sur ma façon d' appréhender la vie ...
Je me surprends à répondre à l'un que la justice n' est pas de ce monde - ce que je savais déjà, avant, remarquez - mais j' ajoute que la justice humaine n 'existe pas : " Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deça des Pyrénées, erreur au-delà ! ", que l' homme n'est que "misère" et "vanité"," inconstance et bizarrerie", qu' un "bout de capuchon arme 25000 moines" - ce qui interloque quelque peu mon interlocuteur !!! - que toutes nos actions ne sont que divertissement, qu'il n'existe pas d'amour authentique, que l'on n' aime jamais que soi-même, que les actions , même - surtout ! - en apparence les plus altruistes et désintéressées n' ont pour but que de nous faire plaisir à nous-mêmes, en créatures égoïstes que nous sommes et que je crois , effectivement , les mouches plus puissantes que nous - surtout en cours de français ! - : "elles empêchent notre âme d'agir et mangent notre corps."
Je me surprends à répondre à l' autre que l' exercice du pouvoir est indissociable de l'arbitraire - ce que je constate chaque jour - qu' on doit honorer tout "homme vêtu de brocatelle, et suivi de 7 ou 8 laquais" sans quoi il me "fera donner les étrivières si je ne le salue" ... à appliquer aux petits et grands "chefs", et à tout ce qui porte uniforme, of course ! que je crois la guerre absurde - ça, c' est pas nouveau ! - et légitimant des crimes punis en temps de paix ... du moins sous certaines nations , pas toutes, puisque les usages et coutumes varient tant que même le "larcin, l' inceste, le meurtre des enfants et des pères, tout a eu sa place entre les actions vertueuses" ... puisque "trois degrés d' élévation du pôle renversent toute la jurisprudence . Un méridien décide de la vérité."
Je deviens de plus en plus résignée et sans la moindre envie de combattre car tout est perdu d' avance, n'est-ce pas ?
Je me traite de "monstre incompréhensible", quant aux élèves : s'ils se vantent, je les abaisse, s'ils s' abaissent, je les vante !
Et "quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée devant l' éternité précédent et suivant, le petit espace que je remplis, je m'effraie et m' étonne de me voir ici plutôt que là ."
Le comble, c'est que cela ne me rend nullement malheureuse ...
Avez-vous remarqué que jusqu' à mon vocabulaire et ma syntaxe s'en trouvent transformés ?
Serais-je en train d'accéder à la Sagesse ?
Ce qui m' inquiète le plus, vu mon caractère influençable, c'est qu' en janvier, nous entreprendrons Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ... je me demande ce que ça va donner ...
Je vis donc avec Pascal, je m' éveille avec Pascal, je prends mon petit déjeuner avec Pascal, je dors avec Pascal, je lis Pascal, je relis Pascal, je me précipite sur toute biographie, tout "Profil" tout ouvrage critique sur Pascal, bref, je ne vis que pour lui et par lui avec lui et en lui, nageant en plein Jansénisme, méditant sur la Grâce du matin au soir ( et du soir au matin ) n' en émergeant que pour l' exercice des Vertus , ce qui me laisse de plus en plus à penser que je finirai au couvent ... si je n' y suis pas déjà ...
J' en sors un peu pour quelques escapades dans Durringer, Corneille - avec qui je passerai la soirée aujourd'hui - ou Delerm , en voiture ou dans la salle de bain. Mais globalement, c'est Pascal matin midi et soir ...
Et même pas tango puisque les réunions parents/profs m' en privent pour 15 jours ...( "feignasses de profs " ... )
A force, je me demande si ça ne finit pas par jouer sur ma façon d' appréhender la vie ...
Je me surprends à répondre à l'un que la justice n' est pas de ce monde - ce que je savais déjà, avant, remarquez - mais j' ajoute que la justice humaine n 'existe pas : " Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deça des Pyrénées, erreur au-delà ! ", que l' homme n'est que "misère" et "vanité"," inconstance et bizarrerie", qu' un "bout de capuchon arme 25000 moines" - ce qui interloque quelque peu mon interlocuteur !!! - que toutes nos actions ne sont que divertissement, qu'il n'existe pas d'amour authentique, que l'on n' aime jamais que soi-même, que les actions , même - surtout ! - en apparence les plus altruistes et désintéressées n' ont pour but que de nous faire plaisir à nous-mêmes, en créatures égoïstes que nous sommes et que je crois , effectivement , les mouches plus puissantes que nous - surtout en cours de français ! - : "elles empêchent notre âme d'agir et mangent notre corps."
Je me surprends à répondre à l' autre que l' exercice du pouvoir est indissociable de l'arbitraire - ce que je constate chaque jour - qu' on doit honorer tout "homme vêtu de brocatelle, et suivi de 7 ou 8 laquais" sans quoi il me "fera donner les étrivières si je ne le salue" ... à appliquer aux petits et grands "chefs", et à tout ce qui porte uniforme, of course ! que je crois la guerre absurde - ça, c' est pas nouveau ! - et légitimant des crimes punis en temps de paix ... du moins sous certaines nations , pas toutes, puisque les usages et coutumes varient tant que même le "larcin, l' inceste, le meurtre des enfants et des pères, tout a eu sa place entre les actions vertueuses" ... puisque "trois degrés d' élévation du pôle renversent toute la jurisprudence . Un méridien décide de la vérité."
Je deviens de plus en plus résignée et sans la moindre envie de combattre car tout est perdu d' avance, n'est-ce pas ?
Je me traite de "monstre incompréhensible", quant aux élèves : s'ils se vantent, je les abaisse, s'ils s' abaissent, je les vante !
Et "quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée devant l' éternité précédent et suivant, le petit espace que je remplis, je m'effraie et m' étonne de me voir ici plutôt que là ."
Le comble, c'est que cela ne me rend nullement malheureuse ...
Avez-vous remarqué que jusqu' à mon vocabulaire et ma syntaxe s'en trouvent transformés ?
Serais-je en train d'accéder à la Sagesse ?
Ce qui m' inquiète le plus, vu mon caractère influençable, c'est qu' en janvier, nous entreprendrons Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ... je me demande ce que ça va donner ...