Question qu 'on me pose souvent, et que je me pose parfois...
Pourquoi est-ce que je fais TOUJOURS des bêtises ?
Et je me la suis bien posée aujourd 'hui, où j' en ai encore fait une de taille ! - même pas racontable ! ... - et où je m'étais encore mise dans une
situation impossible ...
Analyse de la " bêtise" : en général, c' est une pulsion , un coup de coeur, une envie irrésistible ... et je ne résiste pas ...
Je sais que je vais me fourrer dans une situation difficile, devoir faire de la haute voltige pour en sortir, mais voilà ... je dois
avoir une vocation de trapéziste ratée ... et le pire, c' est que 9 fois sur 10, je m 'en sors... pas trop mal .... la dixième .... je me "crashe " grave ... je suis bien la mère de
Houcine, sûr ! ...
Au soir d 'une journée d 'angoisse , tentons d'analyser ...
A chaque fois, c'est une histoire d'amour.
A chaque fois, je suis incapable de renoncer : je le veux, je l'aurai !
Cette fois-ci, je suis tombée amoureuse ... d' une marionnette ...
Je la veux .
Si je réussis à me sortir du guêpier dans lequel je me suis jetée , je l'aurai .... demain !
Pourquoi ne pas renoncer ?
Pourquoi est-ce que je ne renonce pratiquement jamais ?
La réponse se trouve à la fin de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce :
"Parce que je me suis perdu, la nuit , dans la montagne,
je décide de marcher le long de la voie ferrée.
( ... )
A un moment, je suis à l'entrée d'un viaduc immense,
il domine la vallée que je devine sous la lune,
et je marche seul dans la nuit,
à égale distance du ciel et de la terre.
Ce que je pense
( et c'est cela que je voudrais dire )
c'est que je devrais pousser un grand et beau cri,
un long et joyeux cri qui résonnerait dans toute la vallée,
que c'est ce bonheur-là que je devrais m' offrir,
hurler une bonne fois,
mais je ne le fais pas,
je ne l'ai pas fait.
je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier.
Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterai."
Et bien, moi, je me perds souvent, de jour comme de nuit, n' importe où.
Je marche seule sur des viaducs immenses à égale distance du ciel et de la terre.
Mais ce cri, ce grand et beau cri, je ne manque jamais de le pousser.
Je m'offre toujours ce bonheur-là.
Je le fais.
Et je me remets en route avec le bruit de mes pas sur le gravier.
Ainsi, je ne regrette jamais rien, aucun " oubli ", aucun renoncement.
C'est pour cela que je n'ai pas peur de mourir.