Vendredi dernier, réunion afin de nous donner - à nous, examinateurs au bac - les dernières consignes avant l' examen.
Bien révélatrices de l' air du temps : "L 'examinateur vouvoiera le candidat, en revanche, il ne sanctionnera en aucune façon le tutoiement spontané qui peut échapper à un candidat" .
Sic ! ...
J' ai préféré me taire plutôt que d'exploser.
Autant vous le dire tout de suite : je ne laisserai certainement pas un candidat me tutoyer.
Je ne laisserai personne me tutoyer sans l' y avoir dûment autorisé, je déteste qu' on me tutoie lorsque je vouvoie .
En fait, je me demande si je ne déteste pas qu' on me tutoie.
Proximité insupportable.
J' ai souvent dit en riant : " Je déteste qu' on m' approche.
" Je ne supporte pas qu' on me touche."
Mais là, je n' ai vraiment pas envie de rire.
Des anecdotes me reviennent .
Il y a quelques années, un soir, alors que je quittais le lycée, je surprends un homme pas tout jeune en train d'embrasser une de nos élèves à bouche-que-veux-tu ... et l' élève ne me semble pas parfaitement consentante ...
J' interviens : "Hep ! Vous là-bas !"
Le malotru se retourne et me lance : "Va te faire foutre ! "
Comprenant que je n ' en viendrai pas à bout, je cours chercher mes chefs et débarque dans leurs bureaux toute retournée :
- Il m' a manqué de respect .
- Mais enfin, calmez-vous madame Charbonnier , que vous a -t-il dit ?
- Il m' a tutoyée !
Lorsque j' ai réussi à leur articuler la fameuse phrase, ils ont éclaté de rire et tenté de m'expliquer que l ' expression employée était pire.
Ben non.
S 'il m' avait dit : " Allez-vous faire foutre ", je crois que je ne l' aurais pas si mal pris.
Hier, quelqu' un que je vouvoie m' a tutoyée. Je l' ai foudroyé du regard et ne lui ai plus adressé la parole.
Il avait l' air tout surpris, je crois qu' il n' a pas compris.
Lorsque notre ancien Sénateur-Maire a effectué quelques tentatives de tutoiement à mon adresse, je lui ai répondu fort poliment, ponctuant chacune de mes phrases d' un vouvoyant : "Monsieur le Maire", ou " Monsieur le Sénateur-Maire" .
Autant vous dire qu' il s' est calmé rapidement.
C 'est comme physiquement, je déteste qu' on m' approche de trop près.
Instinctivement, je recule .
Un jour, dans un ascenseur, ça m' a joué un drôle de tour : je me suis retrouvée adossée à la paroi, ne pouvant plus m' échapper . Il me tardait que l' ascenseur s' arrête et j' avais les yeux rivés sur le voyant lumineux des étages. J'essayais de me contrôler, parce que dans ces cas-là, je sens monter une bouffée de violence inquiétante ...
Bon.
Tout ça pour dire qu' au risque de provoquer l' ire de mes inspectrices , je ne supporterai aucun tutoiement intempestif de qui que ce soit.
Lorsque je souhaite qu' on me tutoie ou qu' on m' approche, je sais très bien me faire comprendre ...
Bien révélatrices de l' air du temps : "L 'examinateur vouvoiera le candidat, en revanche, il ne sanctionnera en aucune façon le tutoiement spontané qui peut échapper à un candidat" .
Sic ! ...
J' ai préféré me taire plutôt que d'exploser.
Autant vous le dire tout de suite : je ne laisserai certainement pas un candidat me tutoyer.
Je ne laisserai personne me tutoyer sans l' y avoir dûment autorisé, je déteste qu' on me tutoie lorsque je vouvoie .
En fait, je me demande si je ne déteste pas qu' on me tutoie.
Proximité insupportable.
J' ai souvent dit en riant : " Je déteste qu' on m' approche.
" Je ne supporte pas qu' on me touche."
Mais là, je n' ai vraiment pas envie de rire.
Des anecdotes me reviennent .
Il y a quelques années, un soir, alors que je quittais le lycée, je surprends un homme pas tout jeune en train d'embrasser une de nos élèves à bouche-que-veux-tu ... et l' élève ne me semble pas parfaitement consentante ...
J' interviens : "Hep ! Vous là-bas !"
Le malotru se retourne et me lance : "Va te faire foutre ! "
Comprenant que je n ' en viendrai pas à bout, je cours chercher mes chefs et débarque dans leurs bureaux toute retournée :
- Il m' a manqué de respect .
- Mais enfin, calmez-vous madame Charbonnier , que vous a -t-il dit ?
- Il m' a tutoyée !
Lorsque j' ai réussi à leur articuler la fameuse phrase, ils ont éclaté de rire et tenté de m'expliquer que l ' expression employée était pire.
Ben non.
S 'il m' avait dit : " Allez-vous faire foutre ", je crois que je ne l' aurais pas si mal pris.
Hier, quelqu' un que je vouvoie m' a tutoyée. Je l' ai foudroyé du regard et ne lui ai plus adressé la parole.
Il avait l' air tout surpris, je crois qu' il n' a pas compris.
Lorsque notre ancien Sénateur-Maire a effectué quelques tentatives de tutoiement à mon adresse, je lui ai répondu fort poliment, ponctuant chacune de mes phrases d' un vouvoyant : "Monsieur le Maire", ou " Monsieur le Sénateur-Maire" .
Autant vous dire qu' il s' est calmé rapidement.
C 'est comme physiquement, je déteste qu' on m' approche de trop près.
Instinctivement, je recule .
Un jour, dans un ascenseur, ça m' a joué un drôle de tour : je me suis retrouvée adossée à la paroi, ne pouvant plus m' échapper . Il me tardait que l' ascenseur s' arrête et j' avais les yeux rivés sur le voyant lumineux des étages. J'essayais de me contrôler, parce que dans ces cas-là, je sens monter une bouffée de violence inquiétante ...
Bon.
Tout ça pour dire qu' au risque de provoquer l' ire de mes inspectrices , je ne supporterai aucun tutoiement intempestif de qui que ce soit.
Lorsque je souhaite qu' on me tutoie ou qu' on m' approche, je sais très bien me faire comprendre ...