Sur le chemin, les riverains placent parfois des bancs, une table, des chaises, de l' eau, du café, quelques tomates, des oeufs durs, des pêches. On
prend ce qu' on veut. On laisse ce qu' on veut. C'est bon, et touchant.
Le mardi 28 juillet, Castet-Arrouy-Lectoure, 10 km , c' est une promenade.
Prenant des goûts de luxe, on s'offre le restaurant à midi, et les thermes de Lectoure : piscine d'eau thermale, sauna, jacuzzi ... trop bien !
La cathédrale est originale, la vue splendide, et dans le dortoir du gîte tenu par des Hospitalières, nous ne sommes que deux !
Je vous le disais : le luxe ! ... et un joli texte de Dom Helder Camara :
"Partir, c'est avant tout sortir de soi.
Prendre le monde comme centre, au lieu de son propre moi.
Briser la croûte d'égoïsme qui enferme chacun comme dans une prison.
Partir, ce n' est pas braquer une loupe sur mon petit monde.
Partir, c'est cesser de tourner autour de soi-même comme si on était le centre du monde et de la vie.
Partir, ce n'est pas dévorer des kilomètres et atteindre des vitesses supersoniques.
C' est avant tout regarder, s'ouvrir aux autres, aller à leur rencontre.
C' est trouver quelqu'un qui marche avec moi, sur la même route, non pas pour me suivre comme mon ombre, mais pour voir d' autres choses que moi, et me les faire voir."
Et le mercredi 29 juillet, nous traversons 19 km de champs de tournesols entre Lectoure et La Romieu . Vignes, arbres fruitiers, tournesols, le Gers est vraiment magnifique.
La Romieu, le village aux chats, est bien joli, mais la dame chez qui nous avons dû prendre une chambre d'hôte - tous les autres hébergements sont complets ...- s'avère snob, médisante et bien horrible .. Je me console avec un magret de canard et une crème brûlée aux fruits rouges , et la visite de la Collégiale et du cloître, après quoi Martine et moi cherchons les chats sculptés partout dans le village.
Je réussis la performance de laver mon linge avec deux seaux d' eau : la dame n' a pas eu l'idée de m' en donner plus, j' en déduis qu' elle n'a jamais lavé de linge de sa vie ... et jamais fait plus de 300 mètres à pieds non plus, visiblement puisqu' elle annonce péremptoirement l'étape du lendemain comme "facile" ...
C'est, du reste, notre dernière étape puisque nous devons prendre le car à Condom - ce qui fait la joie de Christophe qui met de plus en plus en doute le sérieux de notre pélerinage ..
16 km durant lesquels nous dépassons - et c'est le cas depuis plusieurs jours - un groupe fort sympathique de marcheurs atypiques. Parmi eux, un jeune adolescent au physique de danseur qui chante en marchant et fait de jolies acrobaties dans l ' herbe pendant les pauses, une très jolie jeune fille, un prêtre irlandais, un vieux monsieur, une dame au fort accent étranger, un autre monsieur et Anne.
Anne a la particularité de perdre régulièrement son chapeau, et nous, celle de le lui ramasser et de le lui rendre lorsque nous la retrouvons.
La première fois, ce sont des cris de surprise joyeuse, puis des exclamations, enfin elle demandera les prénoms de ses "anges gardiens" ... de chapeau.
Nous terminerons par un instant de forte émotion lorsque le prêtre vient lui suggérer de réfléchir au "pourquoi ? " de la perte de son chapeau.
Elle comprend tout de suite, et les larmes lui montent aux yeux.
A nous aussi.
On ne marche pas sans raison sur la route de Compostelle, on ne marche pas pour rien.
Nous avons croisé beaucoup de marcheurs - et surtout de marcheuses - qui portaient des deuils , des enfants morts, une mère toujours trop tôt disparue, un cancer, une famille en crise, des enfants difficiles, une histoire d'amour douloureuse ou complexe.
Nous sommes entrées dans bien des églises , bien des cimetières, bien des cloîtres et toujours, nous avons vu les petits mots de prière déposés : pour un proche, pour soi-même, pour toujours tant de souffrances ou pour confier à Dieu de gros chagrins, des enfants qui se droguent, des jeunes en perdition, le chomage ... Je me dis parfois que tous les malheurs du monde sont sur le chemin de Compostelle et que tous ceux qui les portent marchent avec le sourire, avec courage, avec confiance .
Vers quoi ?
Vers qui ?
Vers soi-même apaisé ?
Vers Dieu ?
Il en porte, des peines et des espoirs, l' apôtre Jacques ! au bout de ces bâtons et dans ces lourds sacs à dos ...
Et moi, comme les autres, je marche et , comme les autres, je porte tant d'amour !
L' an prochain, nous repartirons de Condom.
Jusqu'où irons-nous ?
Le mardi 28 juillet, Castet-Arrouy-Lectoure, 10 km , c' est une promenade.
Prenant des goûts de luxe, on s'offre le restaurant à midi, et les thermes de Lectoure : piscine d'eau thermale, sauna, jacuzzi ... trop bien !
La cathédrale est originale, la vue splendide, et dans le dortoir du gîte tenu par des Hospitalières, nous ne sommes que deux !
Je vous le disais : le luxe ! ... et un joli texte de Dom Helder Camara :
"Partir, c'est avant tout sortir de soi.
Prendre le monde comme centre, au lieu de son propre moi.
Briser la croûte d'égoïsme qui enferme chacun comme dans une prison.
Partir, ce n' est pas braquer une loupe sur mon petit monde.
Partir, c'est cesser de tourner autour de soi-même comme si on était le centre du monde et de la vie.
Partir, ce n'est pas dévorer des kilomètres et atteindre des vitesses supersoniques.
C' est avant tout regarder, s'ouvrir aux autres, aller à leur rencontre.
C' est trouver quelqu'un qui marche avec moi, sur la même route, non pas pour me suivre comme mon ombre, mais pour voir d' autres choses que moi, et me les faire voir."
Et le mercredi 29 juillet, nous traversons 19 km de champs de tournesols entre Lectoure et La Romieu . Vignes, arbres fruitiers, tournesols, le Gers est vraiment magnifique.
La Romieu, le village aux chats, est bien joli, mais la dame chez qui nous avons dû prendre une chambre d'hôte - tous les autres hébergements sont complets ...- s'avère snob, médisante et bien horrible .. Je me console avec un magret de canard et une crème brûlée aux fruits rouges , et la visite de la Collégiale et du cloître, après quoi Martine et moi cherchons les chats sculptés partout dans le village.
Je réussis la performance de laver mon linge avec deux seaux d' eau : la dame n' a pas eu l'idée de m' en donner plus, j' en déduis qu' elle n'a jamais lavé de linge de sa vie ... et jamais fait plus de 300 mètres à pieds non plus, visiblement puisqu' elle annonce péremptoirement l'étape du lendemain comme "facile" ...
C'est, du reste, notre dernière étape puisque nous devons prendre le car à Condom - ce qui fait la joie de Christophe qui met de plus en plus en doute le sérieux de notre pélerinage ..
16 km durant lesquels nous dépassons - et c'est le cas depuis plusieurs jours - un groupe fort sympathique de marcheurs atypiques. Parmi eux, un jeune adolescent au physique de danseur qui chante en marchant et fait de jolies acrobaties dans l ' herbe pendant les pauses, une très jolie jeune fille, un prêtre irlandais, un vieux monsieur, une dame au fort accent étranger, un autre monsieur et Anne.
Anne a la particularité de perdre régulièrement son chapeau, et nous, celle de le lui ramasser et de le lui rendre lorsque nous la retrouvons.
La première fois, ce sont des cris de surprise joyeuse, puis des exclamations, enfin elle demandera les prénoms de ses "anges gardiens" ... de chapeau.
Nous terminerons par un instant de forte émotion lorsque le prêtre vient lui suggérer de réfléchir au "pourquoi ? " de la perte de son chapeau.
Elle comprend tout de suite, et les larmes lui montent aux yeux.
A nous aussi.
On ne marche pas sans raison sur la route de Compostelle, on ne marche pas pour rien.
Nous avons croisé beaucoup de marcheurs - et surtout de marcheuses - qui portaient des deuils , des enfants morts, une mère toujours trop tôt disparue, un cancer, une famille en crise, des enfants difficiles, une histoire d'amour douloureuse ou complexe.
Nous sommes entrées dans bien des églises , bien des cimetières, bien des cloîtres et toujours, nous avons vu les petits mots de prière déposés : pour un proche, pour soi-même, pour toujours tant de souffrances ou pour confier à Dieu de gros chagrins, des enfants qui se droguent, des jeunes en perdition, le chomage ... Je me dis parfois que tous les malheurs du monde sont sur le chemin de Compostelle et que tous ceux qui les portent marchent avec le sourire, avec courage, avec confiance .
Vers quoi ?
Vers qui ?
Vers soi-même apaisé ?
Vers Dieu ?
Il en porte, des peines et des espoirs, l' apôtre Jacques ! au bout de ces bâtons et dans ces lourds sacs à dos ...
Et moi, comme les autres, je marche et , comme les autres, je porte tant d'amour !
L' an prochain, nous repartirons de Condom.
Jusqu'où irons-nous ?