Je m' en doutais, un test effectué sur Facebook le confirme : j' ai l' agressivité d'un poisson (rouge).
(Rouge) parce que lorsque je me mets en colère, c'est grave de chez grave et là, j' ai l' agressivité d'un poisson tout rouge explosif genre piranha ou requin hystérique en furie ...
Le reste du temps ... rien : cruche, cloche, stupide, gourde .... tout ce que vous voulez ...
Incapable de faire souffrir qui que ce soit.
Nulle de chez nulle !
J' ai beau exercer mon voyeurisme sadique en regardant Koh Lanta , côté sadisme, justement, c 'est raté.
Incapable de tuer une musaraigne, même si elle menace de proliférer.
Les hérissons peuvent courir avec les chats dans la maison et faire leurs besoins sous le buffet : je nettoie ... et je leur donne du lait.
Hier midi, je contemplais stupidement un asticot qui gigotait au sortir de la noisette que je venais de casser dans mon assiette en me disant : "Faut que je le mette au compost, il a une chance de survivre ... Comme il gigote, ce tout petit brin de vie , quel entrain ! comme il a envie de vivre ! "
Et je m'attendrissais.
Idiote, je vous dis !
Il deviendra une mouche. Je n'aime pas les mouches, mais je ne l' ai pas tué.
In-ca-pa-ble !
Les escargots sont protégés dans notre jardin - avec le dilemne : quand-même ... faudrait protéger mes dahlias qui se font dévorer : les dahlias ont aussi le droit de vivre ...comment faire ? - je sens que vais déplacer les dahlias ...
Un mille-pattes ou une araignée captifs de la baignoire , de la douche ou de l' évier sont délicatement déposés dans l'herbe.
Nulle.
Je ne suis décidément pas une tueuse.
Et je suis toujours étonnée qu' on puisse faire mal - ou me faire mal -
Je m' interroge alors pendant des heures sur ce qu' on peut bien penser ou ne pas penser, comprendre ou ne pas avoir compris pour faire souffrir - ou me faire souffrir ainsi ... Et comme je ne suis pas très intelligente, je ne comprends pas, je ne comprends rien , j' essaie pourtant ...
Nulle, je vous dis !
Nulle aussi en rupture : jamais plaqué personne ! - une seule fois, j' ai rompu avec une amie ... non sans conscience douloureuse et crise de culpabilité aiguë de ce que je faisais souffrir : longue lettre la plus gentille possible d'explications alambiquées et désolées .... pas comprise !
Nulle : je me fais larguer, mais je ne plaque personne.
Trop respectueuse de la vie d'autrui, trop consciente de la souffrance des autres. Nullité débile - faible.
En fait, je dois être masochiste : je préfère souffrir moi-même.
Exemple : sur un lit d'hôpital, ou dans ma tête .
C' est ma souffrance et ma peur à moi, à personne d' autre, je gère, je souffre, je maîtrise - ou pas - mais je dirige, je contrôle , ça me regarde . Ca fait mal. Ca va.
Mais voir la souffrance de l'autre m' est insupportable.
Je suis ravie d'être passée plus de 8 fois au bloc, mais malade grave de contempler un de mes proches sur un lit d' hôpital ou tout simplement souffrant ou malade.
Pur orgueil, en vérité, volonté de puissance car je peux contrôler ma souffrance, pas gérer celle des autres : je souffre donc je maîtrise, il souffre donc je ne maîtrise plus rien ...
Insupportable !
Tout ça pour dire que je ne comprends pas qu' on puisse causer la moindre souffrance à autrui.
Je contemple autour de moi, ahurie, des actes qui me surprennent où le pouvoir de faire souffrir s 'exerce sans le moindre ménagement.
Une véritable curiosité.
J' aimerais comprendre les mécanismes, j' essaie de percer ce mystère : comment on fait ? qu' est-ce qu' on éprouve ?
Je pense avoir tenté de transmettre cette valeur : tout est permis, tout , mais on doit prendre en compte la souffrance d'autrui, reconnaître son existence , ne pas lui faire mal, à plus forte raison lorsqu' on a aimé, même si cet amour est tellement mort ou si lointain qu' on en a perdu jusqu' au souvenir ... "Aime, et fais ce que tu veux ! " dit mon cher Saint Augustin.
En fait, c'est ça mon problème, je ne peux pas oublier que j' ai aimé ni que j' ai un être vivant en face de moi : j' ai une mémoire d'éléphant ... ce qui me vaut l' agressivité d'un poisson ! (rouge ! )