Marianne est malade. Bien malade, ma petite Marianne. Marianne a la grippe.
Ne nous demandez pas si c'est la A, la B, la C ou la W ... on ne sait pas . Et les médecins qui la soignent semblent s'en moquer éperdument et ils ont raison.
La seule chose qui compte est de la soigner et d'attendre patiemment que ça passe.
Entre 39 et 40° de fièvre depuis lundi, ma petite Marianne reste couchée, elle tousse, elle a mal à la tête, elle a mal partout, elle est plus que fatiguée .
Et moi, mardi, quand il a été question de Samu et d'hospitalisation, je suis devenue parfaitement hystérique en 30 secondes ! ...
Ma fille . Ma fille. Je veux ma fille.
J' avais déjà abandonné mes élèves , quitté le lycée, bouclé mon sac et je partais toute seule pour Aubagne quand Jean-Pierre et Quentin - qui, par bonheur, était là - ont réussi à me raisonner.
Quentin est un jeune homme sage et réfléchi, de sang-froid et de courage, il emmènerait son grand-père à Aubagne en voiture et rentrerait par le train.
Ainsi, je pourrais aller travailler normalement et Jean-Pierre soignerait Marianne.
Je me suis calmée et me suis rendue raisonnable.
Ils sont partis.
Je suis restée.
Dur dur de rester.
J' aurais voulu être là-bas, prendre ma fille dans mes bras, la cajoler, m' occuper d' elle, la regarder dormir et la veiller.
Mais non.
Je suis restée à la maison.
Franchement, c'est dur, et par moment, je fais ma crise :
JE VEUX MA FILLE !
J' veux mon bébé !
Bon. Tu te calmes et tu retournes corriger tes copies. Ta fille a un père et il s'occupe parfaitement d' elle.
Heureusement, Grisette, Napoléon et Léa ont compris la situation et senti ma détresse : ils ne me quittent pas d'un poil ...

La nuit, Grisette ronronne à ma gauche
Léa ronfle son asthme à ma droite ...

...
et Napoléon se couche à mes pieds, en vrai chat de garde.Merci les minous !
Que serais-je sans vous ?
Et pourquoi faut-il que je sois toujours séparée de ceux que j'aime et que je souffre tant !
Fichu Destin !