Il y a des gens qui déboulent dans votre vie comme un boulet de canon et qui vous renversent de leur charme, de leur beauté saisissante, de leur intelligence, de leur voix, de leur présence. Vous êtes envahis et subjugués en une seconde. Ces gens-là me laissent d ' ordinaire stupide et maladroite comme Obélix. En une seconde, je suis devenue muette, ridicule, idiote. Ceux-là, j' en ai rencontré assez pour savoir que généralement, je ne les intéresse pas - à une exception près, certes, de taille ! ... - et sans doute l' abîme d ' hébétude éblouie dans lequel ils me plongent m' enlève toute chance d' attirer le moindre regard positif. Je vais me contenter de les admirer de loin, me tenant prudemment à distance de ces soleils trop brûlants. Ils ne sont pas pour moi : trop beaux, trop intelligents, trop géniaux . Je ne suis pas pour eux : trop nulle.
Il y a des gens qui entrent dans nos vies sur la pointe des pieds. On ne les a même pas vu arriver. Discrètes, mais insistantes présences. On ne les a pas remarqués. Ceux-là, généralement, je ne m' aperçois même pas qu' ils sont là. Ils font partie de mon univers, de moi, presque, et ne me troublent pas ... jusqu' au jour où je prends conscience au hasard d' une absence, qu ' ils me manquent terriblement et que j' aurais du mal à vivre sans eux. Insidieusement, ils sont entrés dans ma vie et elle n' a plus le même sens . Ceux-là, je ne les laisse pas partir. Dès que j' ai pris conscience du phénomène, je déploie des trésors de séduction . J' ai de la chance, généralement, ceux-là finissent par me regarder, et moi, je les garde toujours.