Hier, un lycéen du lycée Marguerite de Navarre, à Bourges, a été tué , poignardé par un de ses camarades aux abords du lycée.
L'altercation avait commencé dans l' enceinte de l'établissement mais les protagonistes ont eu la bonne idée de sortir afin de régler leur différend à l'extérieur.
Le 27 janvier dernier, un lycéen de Mermoz a été grièvement brûlé au visage au fer à souder par 2 de ses camarades pendant un cours en atelier.
En octobre 2011, une policière de Bourges a été tuée au sabre par un prof de SVT du lycée Jacques Coeur de Bourges.
Il va de soi que dans le cas des deux lycéens brûlé et poignardé, ni les enseignants, ni la hierarchie n' y sont pour rien.
Pour ce qui est du prof de SVT, depuis des mois - des années ? - élèves et parents d'élèves protestaient régulièrement par rapport à son attitude pour le moins étrange en cours.
Rien n'a été fait. Il a continué à enseigner jusqu'au jour du meurtre de la policière.
Là encore, il a eu la bonne idée de ne pas sortir son sabre en cours ...
L'an dernier, dans mon propre établissement scolaire, un enseignant a sorti un couteau et eu des attitudes et gestes menaçants vis à vis de ses élèves de Terminale, une classe pourtant calme et studieuse, rien dans le comportement des élèves n'avait suscité la colère de l'enseignant. Il était ivre, voilà tout.
Le lendemain, il était en cours normalement, comme si rien ne s'était passé .
Une de mes amies, médecin du travail, m'a expliqué un jour que dans une entreprise, lorsqu'un employé meurt d'un accident du travail, il est le résultat d'une quantité de petits ou plus graves incidents. Elle appelle cela "la pyramide des accidents". Cette pyramide se construit lentement, jusqu'au mort ...
Tout cela pour dire qu'il me semble bien que ces morts et ce blessé me paraissent relever de cette "pyramide des accidents" face auxquels rien n'est mis en place.
Je lis ce matin dans "Le Berry Républicain" cette merveilleuse déclaration de notre Inspecteur d'Académie : " Oui un suivi des élèves témoins a été mis en place (à Marguerite de Navarre) . Médecins et infirmières font de l'écoute. Il s'agit de dédramatiser et que les jeunes parlent et expriment leur charge affective par rapport à cet événement" (la mort de leur camarade de 17 ans.)
Dédramatiser ?
Je ne comprends pas bien ce qu'il y a à "dédramatiser".
Si on en est à "dédramatiser" la mort d'un lycéen poignardé par un de ses camarades à la sortie du lycée, que devons-nous alors "dramatiser" ?
Je ne suis ni médecin ni infirmière, je ne me trouve pas face à ces élèves, mais il me semble que si j'y étais, je ne trouverais rien à "dédramatiser" !
Au contraire, "dramatisons" !
Il y a de quoi, non ?
Ou bien, continuons à "dédramatiser" les meurtres, les coups et blessures, les sévices, les comportements étranges ou agressifs des élèves et de certains enseignants, continuons à dire que "ça s'est passé à l'extérieur du lycée", ou qu'en cours, rien ne laissait prévoir de tels comportements - ce qui est faux ! - "Dédramatisons", donc, comme le conseille notre Inspecteur d'Académie, et poursuivons ainsi.
Dans le fond, il y a moins de morts et de blessés dans les lycées que dans les accidents de la route !